Dès 2010, j’ai sollicité le gouvernement pour qu’il mette en place les dispositifs permettant de pérenniser la pratique des langues régionales, notamment à l’école.

« Depuis 2008, la Constitution reconnaît les langues régionales comme faisant partie intégrante du patrimoine de la France. Malgré cela, nous attendons toujours le projet de loi pérennisant leur pratique… Pourtant, la vitalité des langues régionales en France ne se dément pas.

 

Une enquête socio-linguistique réalisée en Aquitaine à la fin de l'année 2008 démontre que 250 000 Aquitains - soit un Périgourdin sur six - parlent occitan

Loin d'être anachroniques, les langues régionales sont un facteur d'insertion professionnelle et de cohésion sociale. Ainsi, en Dordogne, une formation assure l'apprentissage de l'occitan aux professionnels en charge de l'accompagnement à domicile ou en établissement pour personnes âgées. Il est reconnu que, pour les aînés, communiquer dans leur langue maternelle est un moyen efficace de maintenir leur capacité cognitive et retarde le développement de maladies de type Alzheimer. On le voit, la culture vient ici au service de la santé... ». (Question orale au gouvernement, mars 2010).

drapeauoccitanEn 2012, déjà, j’ai participé à la rédaction d’une proposition de loi organique tendant notamment à permettre la ratification de la Charte européenne des langues régionales
« L'article 75-1 de la Constitution est ainsi complété : « La République en est responsable et a le devoir, dans le respect de ses engagements internationaux, de préserver, promouvoir et transmettre ce patrimoine via un droit d'accès et d'usage ouvert à l'ensemble des citoyens. La République s'oppose à la discrimination, à l'exclusion ou aux restrictions portant sur la pratique d'une langue régionale et ayant pour but de décourager ou de mettre en danger la préservation, le développement et la transmission de celle-ci. » 
(article 2 de la proposition de loi constitutionnelle tendant à la reconnaissance des langues régionales, février 2012).

Avant cela, en 2011, avec neuf autres sénateurs socialistes, j’avais insisté sur la nécessité de garantir par la législation l’accès et la transmission des langues régionales à travers une proposition de loi : 
« Le temps du débat sera également pour nous l'occasion de revenir sur plusieurs exigences. Nous devons insister sur la nécessité de mettre la France en conformité avec les recommandations internationales qu'elle a signées, telles que la Convention de l'Unesco du 18 mars 2007 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, ou encore la Convention de l'Unesco du 20 avril 2006 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Il est temps que notre pays reconnaisse enfin les langues régionales comme patrimoine national, et pour la République de contribuer à en assurer la valorisation et la transmission, notamment grâce à l'octroi d'un statut protégé ». (Extrait d’un article de Médiapart reprenant la position des sénateurs socialistes ayant cosignés la proposition de loi du 30 juin 2011 relative au développement des langues régionales).

J’ai, tout au long de mon mandat, surtout insister sur la nécessité de rendre pleinement accessibles les langues régionales à l’école. J’ai insisté sur deux points qui forment ici les deux faces d’une même situation.

D’abord, « Je souhaite que le Gouvernement dégage des moyens, notamment pour l'apprentissage de la langue régionale. Comme je l'ai indiqué voilà un instant, mon département - pour ne parler que de l'occitan - compte trois lycées et collèges qui accueillent 500 élèves. La demande des jeunes est très forte.

Nombre d'entre eux considèrent que l'apprentissage de leur langue maternelle ou paternelle est un moyen de se réapproprier une part de l'histoire de leur région et, au-delà, de la nation tout entière ». (Question orale au gouvernement, mars 2010).

escolaEnsuite, je me suis mobilisé afin que l’offre d’enseignement elle-même soit à la hauteur des attentes des parents et des élèves : « le gouvernement envisagerait la suspension de la session 2012 pour le CAPES occitan.

Cette décision concernerait, aussi, la plupart des autres langues régionales. Si cela venait à se confirmer, c’est bien, en réalité, l’enseignement de l’occitan qui se trouverait durement remis en cause de la maternelle à l’université.

En effet, nous notons déjà une réduction du nombre d’enseignants dans cette matière due en partie au non remplacement des départs à la retraite. La situation empirerait donc si la suspension précitée devenait effective…Enfin, notons que la suspension de la session 2012 pour le CAPES occitan pénaliserait les étudiants déjà engagés dans un cursus de master ». (question écrite au gouvernement, juin 2011).

A ce titre, je me suis opposé à toute décision administrative qui contreviendrait au développement légitime des langues régionales.

Ce fut le cas, par exemple, d’une circulaire qui, début janvier 2012, une circulaire venait à prévoir la suppression des épreuves facultatives consacrées aux langues régionales pour le baccalauréat technologique série Sciences et Technologies du Management et de la Gestion : « Cette décision pénalise ceux qui avaient, parfois depuis l’école primaire, pu bénéficier de l’apprentissage de l’Occitan ou du Breton par exemple.

Elle révèle donc le manque de considération du gouvernement précédent à l’encontre des langues régionales. Au cours de ces cinq dernières années, alors que depuis 2008, la Constitution précise que celles-ci font parties du patrimoine national, peu de progrès ont été enregistrés en leur faveur.

Au sujet de leur enseignement, nous avons même pu noter des difficultés notables dans le maintien de postes d’enseignants, en particulier s’agissant de l’Occitan ». (extrait de la question écrite du 21 juin 2012).

A l’inverse, j’ai notamment cosigné des amendements au projet de loi de refondation de l’école tendant à pérenniser l’enseignement des langues régionales dans notre système scolaire. Ces amendements ont été intégrés au texte, ce qui permet aujourd'hui aux enseignants de pouvoir désormais légitimement recourir aux langues régionales soit comme support éducatif, soit comme langue d’usage dans le cadre d’activités scolaires.

cartelanguesEnfin, pour finir je suis convaincu que les langues régionales sont un patrimoine bien vivant, qui fait partie de notre quotidien. Je suis donc intervenu en ce sens dans deux directions. D’abord, j’ai cosigné et défendu une proposition de loi visant à pérenniser l’installation de panneaux et de sortie d’agglomération en langue régionale. Surtout, j’ai cosigné une proposition de loi pérennisant l’installation de panneaux d’entrée et de sortie d’agglomération en langue régionale en février 2011. En effet, il existait à ce sujet un vide juridique qui avais permis à certains d’obtenir sur certaines communes la suppression de la dénomination de ces dernières en langue régionale.

La proposition de loi votée tout d’abord au Sénat a permis une protection accrue de la signalisation des agglomérations en langue régionale.  Il est paradoxal que, deux ans après la révision constitutionnelle de 2008 qui introduit un nouvel article 75-1 reconnaissant les langues régionales comme constitutives du patrimoine de la France, l’affirmation signalétique de celles-ci soit remise en cause. Ensuite parce que derrière la question des panneaux de signalisation, c’est le lien entre un territoire et sa culture qui est implicitement attaqué.

Les panneaux marquent physiquement l’empreinte d’une culture sur un territoire. Ils en sont le premier élément visible …» 
(extrait de l’intervention en séance publique, février 2011)