Mercredi et jeudi, le ministre des affaires étrangères, puis le Premier ministre, ont procédé au discours de politique générale devant le Sénat.

Au menu : port du masque obligatoire, relance écologique, sociale et économique… mais un mot revient : les territoires.

Plus qu’une récurrence, la notion de territoire semble être une obsession pour le Premier ministre pour qui le rôle joué par les collectivités dans la gestion de la crise a suscité un déclic, une prise de conscience.

Il appelle de ses mots une nouvelle étape de décentralisation. Sur ce point, je le rejoins. Cependant, cette dernière ne doit pas se faire au détriment des communes, départements et régions.

La décentralisation ne doit pas être un prétexte pour permettre à l’Etat de se défausser. Ce fût trop souvent le cas pendant le confinement.

Pour éviter ce biais, j’ai, avec mon groupe, fait des propositions claires. Nous devons clarifier la répartition des compétences, réorganiser l'administration territoriale de l'État, mettre en place l’autonomie fiscale et non financière, prolonger urgemment le plan de soutien aux collectivités territoriales par un « plan de rebond territorial qui passe par plus de subsidiarité, d'expérimentation, de différenciation, d'interterritorialité, face à un État en quête de partenaires.

Sur le volet social, même si je salue les 100 milliards engagés dans la lutte contre le chômage, je déplore l’absence d’annonces concrètes relatives au pouvoir d’achat des Français, exception faite pour les soignants.

Concernant la lutte contre la précarité des jeunes, je ne suis pas convaincu que la création de 100 000 services civiques et des abattements de charges patronales suffiront à permettre leur insertion sur le marché de l’emploi. Le Premier ministre serait bien avisé de s’inspirer des propositions des 19 départements socialistes qui expérimentent, par exemple, le revenu de base.

Je déplore également que le gouvernement ne revienne pas sur la baisse des APL ou encore sur la suppression de l’ISF. La relance doit être solidaire, redistributive. Elle doit être territoriale, nous devons porter secours aux territoires les plus fragiles.

Il reste 600 jours à ce gouvernement pour faire ses preuves. Les premières annonces ne sont pas rassurantes et n’augurent pas un revirement de cap. Nous devrons être collectivement vigilants dans les semaines et mois à venir.