J'ai attiré, lors d'une question écrite au gouvernement, l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur la problématique des abattoirs dans les territoires ruraux et les zones de montagne, touchés par une crise profonde.

En Dordogne, cette crise s'est accentuée depuis le début de l'année 2020 et l'activité de plusieurs sites est aujourd'hui menacée. C'est d'abord la société Arcadie Sud-Ouest, qui représente près de la moitié de l'activité (45 % des apports) du site d'abattage de Ribérac, qui a transféré pendant le confinement son activité sur l'abattoir de Thiviers. Cet établissement, sous statut de société d'économie mixte à opération unique (SEMOP) depuis 2016, emploie une vingtaine de personnes et connaît depuis de nombreuses années des difficultés structurelles. Il travaille avec les filières bovine, ovine et porcine dans un secteur géographique très localisé. La fermeture de la structure aurait aussi des conséquences négatives pour la filière veau en particulier pour les éleveurs ribéracois, avec un risque de perte du label « veau sous la mère », l'obtention de ce label reposant notamment sur la présence d'un abattoir de proximité. Le groupe Arcadie Sud-Ouest, avec ses 14 sites en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie et ses 1 000 emplois, qui produit 80 000 tonnes de viande par an, est confronté à la baisse générale de la consommation de viande et est touché par la crise du Covid-19. Il a été placé le 30 juin 2020 en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Montpellier. Les éventuels repreneurs ont jusqu'au 20 juillet 2020 pour proposer une reprise partielle ou totale des différents sites. Ces difficultés impactent directement l'avenir de deux autres abattoirs du département : ceux de Thiviers et Bergerac. L'inquiétude est vive dans le nord de la Dordogne où la filière bovine est très importante et où le nombre d'emplois directs (130 salariés et 20 commerciaux) et ceux induits (producteurs, transformateurs et transporteurs) est important pour l'ensemble du bassin d'emploi. Cette crise touche plus fortement les structures de proximité au profit de grands sites régionaux. Elle révèle l'obsolescence d'un modèle qui ne garantit plus la pérennité des abattoirs locaux dont le maintien est pourtant indispensable pour limiter les transports et leur impact sur l'environnement mais leur coût économique, en particulier pour les éleveurs et les bouchers. Leur proximité est nécessaire pour favoriser les circuits courts et une économie circulaire conforme aux aspirations de qualité des produits des citoyens, pour maintenir les emplois locaux et lutter ainsi contre la désertification rurale. Aussi, je lui ai demandé ce que le Gouvernement comptait faire pour pallier cette crise et s'il prévoit un cadre national pour préserver les abattoirs locaux.