Mercredi, j’ai pris part à la commission mixte paritaire sur le projet de loi d’orientation des mobilités. Chef de file des socialistes sur ce texte, je n’ai pu que saluer la qualité du travail des deux assemblées et plus particulièrement celui des rapporteurs. 


Lors de la discussion générale, j’ai, comme mes collègues sénateurs rappelé l’importance de dégager les moyens nécessaires pour que les intercommunalités puissent exercer leur compétence d’organisatrices de la mobilité. À défaut, la promesse du Gouvernement d’un droit à la mobilité pour tous ne serait pas tenue. 
Nous avons notamment fait part de notre surprise et de notre insatisfaction face aux propositions faites par le Gouvernement dans la précipitation, l’avant-veille de cette réunion. En effet, elles ne garantissaient aux collectivités territoriales aucune ressource spécifique et durable pour offrir aux citoyens des alternatives crédibles à la voiture individuelle. 
Lors de la première lecture au Sénat, j’avais pourtant, aux côtés du groupe socialiste, défendu des solutions concrètes pour régler cette question de financement, et j’avais défendu les propositions faites par le rapporteur Didier Mandelli de flécher une partie de la taxe sur les carburants vers les Autorités Organisatrices des Mobilités des zones rurales. 
Je ne peux que regretter qu’un tel problème de financement, bien identifié dès le début de l’examen du projet de loi, n’ait jamais obtenu de réponse claire et à la hauteur des enjeux de la part du Gouvernement, après plusieurs mois de travaux parlementaires. La seule perspective offerte par l’exécutif consiste à renvoyer à une réforme de la fiscalité locale sans aucun fléchage spécifique de ressources vers la mobilité, et avec un niveau d’ambition inacceptable face aux besoins des habitants dans les territoires enclavés.
J’ai personnellement insisté sur le fait que « pour lutter contre le désenclavement des espaces ruraux, il était nécessaire de donner aux EPCI, souhaitant assurer ces nouvelles missions de mobilité, des moyens suffisants et pérennes. »
Face à ce constat et au refus des députés de discuter sur la base des propositions sénatoriales, un accord était impossible. La commission mixte paritaire n’a donc pas abouti.