Ce matin, le Premier ministre est resté fidèle à lui-même et à la logique jupitérienne d’Emmanuel Macron. Dans sa présentation de « l’acte II » du quinquennat devant le Sénat, Edouard Philippe semble ignorer les bouleversements qu’a connu notre pays depuis bientôt 8 mois.

Une crise sociale sans précédents et une défaite aux élections européennes, n’ont, visiblement pas ébranlé la macronie. C’est donc naturellement que j’ai voté contre avec la quasi-totalité de mes collègues du groupe socialiste.

Les orientations présentées ne sont pas à même de répondre aux urgences écologique, sociale et démocratique auxquelles notre pays fait face.

S’agissant de l’urgence écologique, la crise des gilets jaunes a montré qu’elle ne peut se faire sans justice fiscale et sociale. Sur ce point, nous demandons de réelles mesures financées par le retour de l'ISF et la fin de la « flat tax ».

S’agissant de l’urgence sociale, nous approuvons les mesures allant dans le sens d’une augmentation du pouvoir d’achat des français. Toutefois, comment financer la suppression de la taxe d’habitation et la baisse de 5 milliards d’euros d’impôts ? Nous ne pouvons accepter qu’elles se soldent par une dilution des services publics de proximité. Par ailleurs, la baisse des impôts ne bénéficie pas aux plus modestes, qui semblent être les oubliés de ce gouvernement.

Sur la question des retraites, je ne pouvais que m’opposer à l’instauration d’un âge d’équilibre de départ : sous couvert d’incitation, cela forcera nos concitoyens les plus modestes à travailler plus longtemps et parfois dans des conditions difficiles afin d’obtenir une pension raisonnable. La réforme de l’assurance-chômage ne parvient pas non plus à répondre à l’injustice sociale : non seulement des efforts considérables seront demandés aux chômeurs les plus précaires, mais le système de bonus-malus en cas de recours aux contrats courts ne s’appliquera qu’à cinq à dix branches professionnelles.

S’agissant de l’urgence démocratique, nous ne pouvons supporter les menaces de recours au référendum sur la réforme institutionnelle en cas d’opposition sénatoriale. Le gouvernement affiche une nouvelle fois sa volonté de museler le débat parlementaire. Par ailleurs, je regrette le manque de précisions quant au contenu des mesures renforçant la décentralisation de la prise de décision, ni sur les moyens mis en œuvre pour redonner toute leur autonomie financière aux collectivités.

Certes, certaines propositions vont dans le bon sens. Je pense à certaines mesures en faveur des familles monoparentales ou encore à l’extension de la PMA à toutes les femmes. La décision de créer également une maison France service par canton peut être également intéressante et s’ inscrit, de toute manière sur ce point dans la continuité du précédent quinquennat. Cependant, je doute que des moyens organisationnels et humains soient mise en œuvre aujourd’hui pour rendre effective cette démarche.

En conclusion et malgré ces quelques points énoncés, une nouvelle fois, le gouvernement ne se montre pas à la hauteur des attentes légitimes de nos concitoyens.