A l’occasion de l’examen en séance publique de la loi PACTE mardi 5 février, je me suis exprimé comme de nombreux collègues du Groupe Socialiste du Sénat pour rappeler mon opposition totale à la privatisation de la société ADP.

Je me félicite aujourd’hui que le Sénat ait su trouver une majorité, tous bancs confondus, pour voter l’amendement de suppression de l’article qui prévoyait de privatiser Aéroports de Paris. Cela conforte ma conviction quant au rôle de contrepouvoir que joue la chambre-Haute face à certaines décisions dogmatiques de l’exécutif. En privatisant ADP, j’estime que l’État se serait privé d’un capital et patrimoine importants. Il se serait privé également d’un revenu annuel pérenne et croissant, constitué des dividendes importants qu’il perçoit en tant qu’actionnaire. La privatisation aurait soumis, par ailleurs, ADP à des logiques privilégiant la rentabilité à court terme et peu compatibles avec l’accomplissement des missions de service public. Le risque aurait à mon sens été grand d’assister à une hausse des tarifs et à une baisse de la qualité des services pour les usagers et les compagnies aériennes (AirFrance). Sans compter qu’ADP privatisée aurait exercé un monopole sur une très longue durée… Alors que l’économie française a plus que jamais besoin d’un État stratège, la privatisation aurait conduit à perdre la main sur des infrastructures stratégiques de notre pays qui sont des outils de structuration et d’aménagement de notre territoire. Il revient maintenant à l’Assemblée nationale d’entendre enfin ces arguments et de mettre un coup d’arrêt définitif à ce projet néfaste. J’invite les députés de la Dordogne à se montrer sensible aux implications lourdes d’une telle décision en termes de souveraineté économique et stratégique de notre pays.