Toujours mobilisé en faveur des contrats aidés, dont la grande majorité d'entre eux est menacée de disparaître, je suis intervenu auprès du 1er ministre par courrier.

"Monsieur le Premier Ministre,

 

Je souhaite attirer votre attention sur la situation alarmante que connaissent aujourd’hui nombre d’associations, de structures et de collectivités locales de mon département suite à la décision de votre Gouvernement de ne pas renouveler de nombreux contrats aidés depuis la rentrée, en septembre.

J’ai rencontré plusieurs responsables associatifs départementaux et régionaux dont notamment le responsable régional Aquitain de la Fédération des Acteurs Solidaires, présidé sur le plan national par Louis Gallois. J’ai rencontré également la Ligue de l’Enseignement Dordogne, le secours populaire départemental, le secours catholique, la fédération départementale des Calendretas, le Président de l’Union des Maires de la Dordogne. Des associations d’aide à domicile, de service à la personne, des équipes éducatives de collèges m’ont également alerté sur ce sujet préoccupant.

En premier lieu, tous m’ont fait part du désarroi dans lequel se trouvent désormais les salariés qui bénéficiaient de tels contrats, interrompus de façon brutale et sans concertation. Ce dispositif s’adresse en effet à des personnes initialement en difficulté d’insertion sur le marché du travail. En les privant d’emploi subitement sans aucune alternative proposée, des dizaines de milliers de personnes vont à nouveau connaitre la précarité dans les prochains mois.

Par ailleurs, l’ensemble des acteurs rencontrés dénonce une décision aux conséquences négatives sur le fonctionnement de leur structure et les missions qu’elles remplissent au quotidien auprès de la population. Concrètement, ce sont dès aujourd’hui des services auprès de personnes âgées, de personnes en situation de pauvreté, des enfants, des élèves qui sont moins bien assurés faute de moyens humains. Ce sont aussi, incidemment, des coûts supplémentaires pour les associations et les collectivités locales comme d’ailleurs vous l’a déjà signalé avec justesse le Président du Conseil départemental de la Dordogne, Germinal Peiro.

Enfin, tous s’accordent sur le fait que, même si des améliorations sont à apporter aux différents dispositifs de contrats aidés en matière de formation et de débouchés d’emplois durables, des progrès importants ont été réalisés. Ils m’ont fait part d’exemples très concrets et nombreux de réussite d’insertion que je ne manquerai pas de relayer auprès de vos services si vous le souhaitez.

Il est donc inexact d’affirmer que les contrats aidés n’ont aucun bénéfice tant dans la lutte contre le chômage qu’en matière d’insertion professionnelle. A ce titre, d’ailleurs, une étude de la DARES de 2015, met en exergue les points positifs de ces contrats, leurs nécessité, et dément ainsi les approximations qui ont été énoncées à plusieurs reprises malheureusement, au cours des dernières semaines.

Aussi, Monsieur le Premier Ministre, il me parait urgent, comme me l’ont demandé nombre de professionnels de l’insertion, d’élus locaux ou nationaux, de renouveler le financement de l’ensemble des contrats aidés, tout en engageant une discussion avec l’ensemble des partenaires associatifs et institutionnels en vue d’améliorer davantage encore la pertinence de ces dispositifs. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de mes salutations distinguées".