Hier, j’ai, avec mon groupe, voté pour la proposition de loi visant à revaloriser les retraites des chefs d’exploitation agricole, qui malgré des insuffisances, constitue un progrès pour de nombreux agriculteurs. Alors que les pensions des agriculteurs déjà retraités, restent actuellement très basses : sur 30.000 agriculteurs qui partent à la retraite, 20.000 ont une retraite inférieure à 1.000 euros par mois, seuls 10.000 d’entre eux ont une retraite supérieure à 1.000 euros par mois, le gouvernement n’avait rien fait pour changer cette situation.

Après trois ans d’un parcours législatif chaotique, le texte est enfin revenu au Sénat. En effet, dès 2017, la proposition de loi Chassaigne était votée à l’Assemblée nationale. Cependant, par deux fois, en mars et en mai 2018, le Gouvernement Macron a brandi la menace du vote bloqué pour s’opposer à l’examen de cette PPL. Ne voulant me résoudre à ce blocage incohérent et particulièrement engagé sur cette question, j’étais intervenu dans l’hémicycle (http://videos.senat.fr/video.650232_5afc78c7318ea.seance-pu…) et avais également co-signé un amendement dans le cadre du projet de loi de finances pour 2018 qui reprenait les termes de la proposition de loi Chassaigne. Malheureusement, il s’était heurté à la majorité sénatoriale. En Dordogne, les parlementaires de la majorité agissaient de même. A chaque assemblée générale des retraités agricoles, alors qu’ils étaient interpellés sur le sujet, ils n’avaient pas de mots assez durs pour dénoncer cette proposition de loi évoquant des arguties financières, techniques et même juridiques, et en assurant que le problème serait réglé avec la réforme des retraites. Aujourd’hui, cette même PPL vient d’être votée à l’Assemblée et au Sénat. Que de temps perdu ! Que de polémiques stériles pour en arriver là ! Je me réjouis bien entendu du vote intervenu hier à la haute Assemblée même si je regrette vivement que la loi ne soit appliquée qu’en 2022 et qu’elle se trouve être bien en deçà du texte initial. Les femmes, conjointes de chef d’exploitation restent notamment les grandes oubliées de ce texte. De même l’écrêtement introduit par le gouvernement exclut les poly-pensionnés. Cependant, la proposition de loi garantit enfin une pension égale à 85% du SMIC aux chefs d’exploitation mono pensionnés, ayant une carrière complète. Elle représente une avancée pour les outre-mer avec la garantie d’une revalorisation des pensions de retraite à 85% du ¬SMIC sans obligation de carrière complète pour les agriculteurs ultramarins. Elle permet également l’extension des régimes de retraite complémentaire à l’ensemble des salariés agricoles ultra-marins. C’est pour ces raisons qu’avec mon groupe, contrairement à ce qu’avait fait la majorité précédemment, nous avons fait le choix de ne pas amender le texte pour qu’il puisse entrer en application dans les meilleurs délais.