Après avoir été accueilli par le maire de Corgnac, Philippe Gimenez aux côtés de Bernard Vauriac, président de la communauté de communes et Michel Karp, conseiller départemental, j’ai fait le point des principaux temps forts politiques de ces six derniers mois et de mon action parlementaire devant les élus de la communauté de communes Périgord Limousin.

S’agissant de l’actualité politique, j’ai rappelé que celle-ci avait été particulièrement foisonnante. Le mouvement des gilets jaunes a mis en exergue les difficultés des habitants des territoires ruraux en termes de pouvoir d’achat et de mobilités sur fond d’augmentation de la taxation du carburant. Il s’est ouvert par la suite aux revendications portant sur la démocratie, les gilets jaunes souhaitant plus de démocratie directe.

J’ai indiqué avoir reçu une délégation. Sur ce point-là, j’ai fait valoir mon attachement à la démocratie représentative pointant les limites du référendum en prenant exemple sur la Suisse puisque dans ce pays la participation moyenne au scrutin est plus faible finalement qu’en France.

Je suis revenu également sur la réponse du Président de la République face à ce mouvement inédit qui s’est traduite par l’organisation d’un «grand débat national». Parmi les thèmes mis en avant, se trouve la réduction du nombre de parlementaires, un projet soutenu depuis le début du quinquennat et qui prend forme aujourd’hui.

J’ai indiqué mon opposition à celui-ci car, à mon sens, la réduction du nombre de députés et de sénateurs, notamment au sein des territoires ruraux favorisera davantage encore l’éloignement entre élus de la Nation et citoyens. Je ne suis pas pour que les parlementaires deviennent des élus hors-sol, coupés des réalités du terrain.

Autre actualité, les élections européennes. Elles ont animé le temps politique ces dernières semaines. Hélas, j’ai fait part de mon sentiment que nous sommes passés à côté des enjeux européens du fait du débat qui s’est imposé entre le parti du Président de la République et l’extrême droite.

Les temps forts de mon action parlementaire

Je suis revenu tout d’abord sur le thème de l’agriculture avec plusieurs problématiques : l’éventuelle présence du loup qui inquiète les éleveurs, le dossier de la truffe du Périgord, les emplois saisonniers. J’ai évoqué également le vote de la loi Egalim. Je constate avec regret que les distributeurs imposent toujours leurs prix aux agriculteurs. Pourtant il s’agit d’un point crucial et j’ai rappelé mon soutien aux producteurs de lait en Dordogne en épaulant le groupement Sunlait dans sa structuration juridique.

J’ai abordé également les services publics et plus précisément celui de l’Education nationale. J’ai précisé ma position sur deux textes : le projet de loi sur l’école de la confiance et le projet de loi sur la réforme des lycées.

Sur le premier, le groupe socialiste a obtenu au Sénat gain de cause au sujet de la fusion administrative entre écoles et collèges. Ce projet est pour l’heure, heureusement, rejeté.

S’agissant de la réforme du lycée, j’ai fait part de mes interventions en faveur de l’installation de la spécialité Arts audiovisuels et cinématographique au lycée Arnaut à Ribérac. Hélas, cela n’a pas été retenu, prouvant que cette réforme pénalise les établissements situés en zone rurale.

Enfin, j’ai indiqué que la loi sur la mobilité avait été au cœur des débats. Une loi des rendez-vous manqués car elle aurait pu être nettement plus ambitieuse. En annexe de celle-ci, je suis intervenu en faveur du projet de l’Euro 21. Celui-ci consiste au doublement de la nationale 21 qui traverse du Nord au Sud notre département. Hélas, j’ai indiqué à l’assemblée tout mon pessimisme quant à sa réalisation tant le gouvernement s’est montré peu enclin, en réalité, à le financer.

Puis, j’ai abordé avant d’ouvrir le jeu des questions réponses avec les élus le projet de loi santé actuellement débattu au Sénat. J’ai indiqué que j’allais, avec le groupe des sénateurs socialistes, défendre des amendements visant, entre autres, à inciter les stagiaires médecins à aller dans les départements ruraux afin de lutter contre la désertification médicale. Par ailleurs, à ce sujet, si la suppression du numérus clausus est positive, ses effets n’interviendront que dans une dizaine années et elle rien ne dit qu’elle incitera davantage les médecins à l’installer dans les zones rurales.

Les questions de la salle ont porté, quant à elles, sur la problématique de l’abstention. Faut-il recourir ou non à comptabiliser le vote blanc ? Par ailleurs, la nécessité d’avoir des élus de proximité, régionaux et nationaux a été soulignée.

Enfin, les échanges ont porté sur la contradiction des citoyens à vouloir en même temps le développement des énergies renouvelables et à contester leur installation quand ces dernières pouvaient être réalisées à proximité de leur domicile.

La réunion s’est conclue autour d’un cocktail convivial.