Cette année, j’ai présenté le 21 janvier mes vœux au centre socioculturel de Chancelade, commune qui m’est chère, devant 160 personnes, élus et amis. Ma suppléante, Annick Carot, souffrante, n’a pas pu être à mes côtés.

 

En préambule, après l’avoir excusé, j’ai tenu à apporter mon soutien à Germinal Peiro suite à la décision du Conseil d’Etat de suspendre les travaux du contournement de Beynac. Je comprends l’incompréhension de cette décision alors que tous les recours déposés jusque-là avaient été rejetés par le tribunal administratif, signe que le Département avait scrupuleusement respecté toutes les étapes et autorisations administratives, et que le dernier qui a abouti, a été déposé après le commencement des travaux. On peut donc s’interroger sur la cohérence de ces différentes positions.

La cérémonie de vœux est un moment privilégié pour un parlementaire ou un élu, pour faire le bilan de l’année écoulée et de parler de l’avenir. Depuis septembre 2008, j’ai pris l’habitude de rendre compte de mon activité de façon régulière : lors des réunions dans les communautés de communes, accompagné par Annick Carot, par le biais de courriels thématiques, de ma lettre semestrielle, de mon site Internet et depuis peu sur ma page facebook. En 2018, j’ai également organisé un débat public sur l’ouverture de la procréation médicale assistée (PMA), à Chancelade, en partenariat avec Bernard Bioulac. En 2019, je renouvellerai cette initiative sur le thème de la fin de vie.

2019 a débuté comme 2018 s’est terminée, avec le feuilleton Benalla et le mouvement des gilets jaunes. Sur l’affaire Benalla, les questions sur son rôle réel à l’Elysée, ses passeports diplomatiques, son port d’armes attendent toujours des réponses. Simple négligence ? Couverture ? Ce qui est certain c’est que cette affaire affaiblit la démocratie et cela me dérange comme de nombreux Français.

Le mouvement des gilets jaunes va connaître son acte 11 samedi 26 janvier. Je comprends pourquoi les citoyens manifestent contre les hausses de taxes et la diminution de leur pouvoir d’achat, mais aussi contre la fraude et l’évasion fiscales, pour l’accès à l’emploi et aux services publics. En revanche je condamne toutes les violences, qui ont touché aussi bien les manifestants que les forces de l’ordre. J’ai échangé longuement avec une délégation de gilets jaunes qui m’avait sollicité. Cela m’a permis de les écouter, d’exprimer mon point de vue et de répondre à leurs questions :

Je suis favorable à une fiscalité écologique pour lutter contre le réchauffement climatique. Il faut ouvrir les yeux. Ce réchauffement atteindra 2 degrés si rien n’est fait contre les gaz à effet de serre et les émissions de CO2. Le niveau de la mer va augmenter, entraînant la disparition de terres et un raz de marée de migrants climatiques. Il faut lutter contre le recours aux énergies fossiles et trouver des ressources renouvelables, propres.

Sur la justice fiscale, je suis pour le rétablissement total de l’ISF, il est normal que chacun contribue à la hauteur de ses moyens.

J’ai rappelé que j’étais attaché à la démocratie représentative et au bicamérisme. Ce modèle a fait ses preuves et comme disait déjà Montesquieu dans Les lettres Persanes : « il est quelquefois nécessaire de changer certaines lois, mais le cas est rare, et lorsqu'il arrive, il ne faut y toucher que d’une main tremblante. »

Je ne suis pas contre plus de démocratie participative directe mais à condition que le référendum soit bien encadré et ne remette pas en cause les droits fondamentaux. L’enjeu pour la démocratie n’est pas tant dans son organisation électorale mais dans la possibilité pour la majorité des citoyens d’être associés à l’élaboration de la décision. Un outil existe : le référendum d’initiative partagée. Aujourd’hui il doit réunir 185 signatures de parlementaires et 4,7 millions de personnes. Le Parti Socialiste veut s’en servir pour le rétablissement de l’ISF. A ce jour, 156 parlementaires ont signé.

La réponse apportée aujourd’hui par l’exécutif est l’envoi d’une lettre dans laquelle il demande de débattre sur quatre thèmes : la fiscalité, l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. L’ISF n’est pas à l’ordre du jour, on ne peut pas revenir sur ce qui a été voté sur le programme Macron. Figurent également des questions orientées sur l’immigration, la laïcité, le Sénat. Ces questions contiennent déjà une forme de réponse et je trouve cela gênant sur le fond comme sur la forme.

Toutes les catégories de citoyens doivent pouvoir participer. Les sénateurs socialistes seront partie prenante, nous devons faire passer nos idées progressistes. J’invite les gilets jaunes, dont une partie aujourd’hui est sceptique sur l’intérêt de ce débat, à se rendre à des réunions pour présenter les idées qu’ils défendent.

Toute la difficulté pour le Gouvernement sera d’exploiter de la manière la plus objective possible les conclusions de ce grand débat et de les transformer concrètement en décisions politiques. Qu’est-ce que le Gouvernement va faire pour augmenter le pouvoir d’achat ? Va-t-il revenir sur l’ISF ? Va-t-il donner satisfaction aux thèses populistes comme la diminution du nombre de parlementaires ?

Puis, j’ai rappelé les grandes lignes de mon action qui se concentre en faveur de la ruralité, en lien avec les problématiques, les enjeux et les défis qui se posent à notre département.

J’ai présenté l’ensemble de mes interventions pour le monde agricole. Je suis revenu sur l’amendement que j’ai défendu en faveur de l’augmentation des pensions des retraités agricoles, sur les actions que j’ai conduites pour plusieurs filières tel que l’arboriculture, avec le dispositif TODE, la trufficulture, l’apiculture, le lait et l’apiculture. J’ai évoqué mon attachement à défendre le secteur de la chasse, les projets de réserves d’eau collinaires.

J’ai rappelé également mon investissement en faveur de la protection de l’environnement à travers le soutien à la méthanisation agricole autour de petites exploitations agricoles, la gestion des déchets et l’interdiction des pesticides pour une agriculture saine et locale.

Défendre la ruralité, c’est également défendre les services publics et la mobilité.

J’ai ainsi abordé mes interventions pour la présence postale en Dordogne, mes interrogations sur le devenir des lycées périgordins face à la réforme des lycées et du BAC. J’ai indiqué que j’étais intervenu notamment en faveur de l’installation d’une spécialité cinéma au lycée de Ribérac, qui malheureusement n’a pas été retenue par le rectorat.

Autre sujet d’importance en Dordogne, le maintien des lignes ferroviaires et des ateliers SNCF de Périgueux et Chamiers. J’ai rappelé mes engagements en leur faveur tout comme j’ai précisé ma vigilance pour que les tribunaux d’instances soient maintenus.

Je suis donc intervenu en faveur des élus, des citoyens du monde rural dont une partie s’exprime aujourd’hui avec force.

Enfin, j’ai évoqué les perspectives pour 2019. Tout d’abord, les conclusions du grand débat comme je l’ai abordé en préambule. Comment répondre à la crise sociale exprimée par les Gilets Jaunes ? Quelles seront les alternatives pour le Gouvernement ? Referendum ? Changement d’équipe gouvernementale, dissolution  de l’Assemblée nationale ?

Mes interrogations se sont portées également sur les élections européennes.  Je souhaite que ma famille politique, la sociale démocratie  reprenne toute sa place afin que nous évitions une nouvelle montée du populisme qui a débouché en Angleterre sur le Brexit. En effet, le risque est de voir le Rassemblement national en tête, ce qui serait un danger pour les démocrates.

Pour conclure, j’ai indiqué un certain nombre de projets de loi qui seront abordés en 2019 :

  • la loi Pacte, qui est une loi fourre-tout

  • la loi sur les mobilités. La compétence va-t-elle échoir aux intercommunalités ? Comment vont-elles la financer ? Via la taxe versement mobilité ? pour quel type de mobilités ? je serai assidu et vigilant sur la portée de cette loi qui aura un impact fort sur nos territoires ruraux.

  • la réforme constitutionnelle donc, et la fusion entre l’agence française de biodiversité et le conseil national de la chasse et la faune sauvage.

    J’ai réitéré devant l’assistance ma détermination à poursuivre ma mission. Je reste en Dordogne le seul parlementaire socialiste, de l’ancien monde, et j’espère ne pas être le dernier des sénateurs.

    A nouveau, j’ai souhaité à tous une excellente année 2019 et terminé sur une citation de Jean Jaurès :

    « Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remord pour le présent

    et une confiance inébranlable pour l’avenir »