C’est à la salle des fêtes de Beauregard de Terrasson que s’est déroulée la rencontre avec les élus de la communauté de communes, en présence des conseillers départementaux Francine Bourra et Dominique Bousquet. J’ai évoqué différents thèmes de l’actualité parlementaire :

L’agriculture qui est importante dans l’économie de notre département et pour laquelle je suis amené à intervenir régulièrement. Suite à la période de sècheresse très longue que nous avons connue cette année, j’ai interrogé le ministre de l’agriculture sur ce qu’il comptait mettre en œuvre pour faciliter le stockage de l’eau en faveur des productions agricoles, via notamment les retenues collinaires. Il m’a répondu qu’il allait étudier un assouplissement des décisions d’autorisation.

En réponse à la crise du lait, une AOP (association des organisations de producteurs de lait) au plan national a été mise en place. Elle compte 2600 éleveurs et produit 40% des besoins en lait du groupe laitier Savencia. Il existe en Dordogne une OP locale : 130 éleveurs ont pu négocier de meilleurs prix grâce à cette organisation que j’ai contribue à faire reconnaître.

La loi agriculture et alimentation qui devaient permettre aux agriculteurs de dégager une réelle marge rémunératrice n’aura pas atteint ses objectifs. Un point positif cependant concerne l’alimentation durable et la restauration collective qui devra privilégier l’approvisionnement local et le bio pour partie.

Dans le projet de loi de finances pour 2019, le Gouvernement a supprimé le dispositif d’exonérations de charges sur le TODE, pour l’emploi de saisonniers, mettant en danger les filières arboricoles, de la fraise et de la viticulture. Pendant l’examen au Sénat, les sénateurs l’ont rétabli, et j’ai moi-même défendu un amendement en ce sens.

Une bonne nouvelle d’une part pour la noix avec l’obtention de l’AOC de l’huile de noix du Périgord et d’autre part pour la truffe, un amendement que j’ai porté et qui a été adopté la semaine dernière au Sénat, qui exonère les trufficulteurs de l’indemnité compensatoire dont ils doivent aujourd’hui s’acquitter en cas de défrichement préalable à la plantation d’arbres truffiers. La balle est désormais dans le camp des députés de parvenir à un vote conforme à l’Assemblée nationale pour une adoption définitive.

Autre sujet qui touche notre département : les services publics : la dégradation du service courrier de la Poste crée des difficultés notamment pour les entreprises.

Au niveau des transports, je n’ai pas voté la réforme de la SNCF, inquiet du devenir des petites lignes : Bordeaux-Périgueux-Brive ; Périgueux-Agen. Bergerac-Bordeaux semble sauvée grâce au financement des collectivités et des Départements dont ce n’est pas la compétence.

Concernant la nationale 21, je milite pour qu’elle soit concédée et mise à 2x2 voies pour relier Limoges, Périgueux, Bergerac, Agen, Auch et l’Espagne.

J’ai affirmé la nécessité d’augmenter les taxes sur le carbone pour réduire les rejets de CO2 et éviter que le réchauffement climatique n’atteigne les + 1.5°C, ce qui serait une catastrophe, entrainant la fuite de millions de personnes vivant sur certaines îles ou cotes littorales. Mais cette augmentation doit être acceptable pour les habitants en particulier en milieu rural où il n’y a que la voiture pour se déplacer et où l’on subit l’augmentation de la même façon. Je suis favorable à une fiscalité écologique expliquée et adaptée aux différents ménages.

Concernant l’actualité et le mouvement des gilets jaunes, nous devons collectivement appeler au calme. Ce qui est arrivé à la députée du sarladais n’est pas tolérable et je condamne fermement de tels agissements. Il faut reconnaître que le mouvement vient de loin, qu’il remonte à plusieurs années. Les citoyens se sentent maltraités, incompris et le Président de la République n’a rien fait pour les rassurer. En effet, son attitude, les mesures prises montrent que son parti pris est de privilégier une classe (suppression de l’ISF) plutôt qu’une autre (diminution APL, augmentation CSG…).

Les parlementaires socialistes ont déposé une proposition de loi de sortie de crise avec un certain nombre de mesures : la réinstauration de l’ISF pour une justice fiscale, l’augmentation et l’élargissement du chèque énergie, l’augmentation de la prime d’activité de 180€ par mois pour les salariés au SMIC, l’indexation sur l’inflation pour les retraites de base, la limitation de la hausse de la CSG aux pensions supérieures à 3000 € par mois pour une personne seule.

J’ai fait part de mon inquiétude tant les motivations des manifestants sont différentes. Il faut prendre en considération leur mouvement. En quelque sorte, ils sont en train d’inventer la démocratie directe, qui est le résultat de la gestion du Président de la République qui a voulu supprimer les corps intermédiaires que sont les syndicats de salariés, les syndicats patronaux, les élus locaux.

Après ces propos, j’ai répondu à des questions ou remarques d’élus.

A une inquiétude formulée sur la suppression de la taxe d’habitation, j’ai répondu que cette suppression et le principe de compensation étaient une erreur. C’est un impôt dynamique dont le taux est fixé par le conseil municipal et je suis attaché au fait que les élus puissent lever l’impôt. Cette décision affaiblit les moyens financiers et humains des communes qui n’auront plus la main sur le taux. Si on la supprime, il faudra ainsi la remplacer par un autre impôt dynamique.

En réponse à une question sur le statut de l’élu alors que le nombre de démissions de maires augmente, j’ai convenu que beaucoup restait à faire. Quand on est maire, conseiller municipal, il faut également participer aux réunions d’intercommunalités, du SCOT, du Pays, de syndicats… ce cumul fait qu’un mandat local est difficile à concilier avec une vie professionnelle.

Un élu a demandé si les communes n’étaient pas affaiblies par l’élargissement des intercommunalités et si le regroupement des communes n’était pas inéluctable. J’ai répondu que j’étais favorable à l’intercommunalité, mais pas gigantesque. Il faut préserver une proximité avec les citoyens. Pour l’instant il n’y a pas d’obligation à constituer des communes nouvelles même s’il existe des incitations. J’y suis favorable si la démarche est participative et associe les habitants.

Enfin, je suis revenu sur la problématique des retraités agricoles. J’en ai rappelé l’historique, depuis la loi Peiro à aujourd’hui avec le refus du Gouvernement et de la majorité parlementaire d’accepter l’augmentation des pensions agricoles à 85 % du SMIC. J’ai indiqué mon action sur ce sujet-là, notamment l’amendement que j’ai défendu en 2017 en faveur de cette majoration.