Après cette après-midi de visite sur le terrain j’ai tenu, en début de soirée, une réunion de présentation de mon actualité parlementaire en présence des grands électeurs, des conseillers départementaux Carline Capelle et Jean-Michel Magne.

 

Ce contact auprès des élus me permet également de relayer leurs inquiétudes et leurs sollicitations au Sénat.

 

J’ai évoqué plusieurs dossiers législatifs :

  • La loi sur l’alimentation, loi Egalim : l’idée de départ de réunir les acteurs agricoles autour d’une même table afin de changer les modes de calcul de la fixation des prix était bonne. Pourtant la loi est passée à côté des objectifs fixés, négligeant la part de revient pour les producteurs.

Une satisfaction à retenir de cette loi : le manger local et l’obligation faite à la restauration collective de s’approvisionner en local et en partie en bio.

Un point très négatif : celui qui concerne les pesticides et la réticence du Gouvernement à interdire le glyphosate avec un délai de 3 ans comme nous le préconisions. J’ai rappelé l’adoption en début d’année de la proposition de loi portant création d’un fonds d’indemnisation des victimes des produits phytopharmaceutiques, portée par la sénatrice socialiste Nicole Bonnefoy.

  • La loi ELAN : l’objectif était de « toiletter » certaines réglementations. Je suis revenu sur quelques points : la volonté de forte concentration des bailleurs sociaux, déjà lourdement impactés financièrement par la réduction de 5€ de l’APL, et qu’ils ont dû compenser en ayant recours à leur fonds de roulement. Au final, il y aura au moins un bailleur par département.

Un recul majeur a été enregistré au niveau de la prise en compte du handicap : la totalité des bâtiments n’a plus à être accessible aux personnes handicapées.

  • La loi sur les mobilités, annoncée depuis longtemps, est prévue pour début 2019 : j’ai fait un rapide tour des différents modes de déplacements sur notre département : tout n’est pas pour le mieux au niveau du réseau ferré avec des cadencements pas adaptés pour gagner Paris via la LGV. Les modernisations de lignes sont indispensables comme La ligne Bordeaux-Périgueux-Limoges ou Bergerac-Bordeaux. Si les travaux vont être réalisés sur cette dernière, c’est grâce aux participations financières des collectivités, conseils départementaux de la Dordogne et de la Gironde et les communautés de communes.

La Dordogne n’est pas non plus bien lotie au niveau des routes nationales avec la seule nationale 21 et des aménagements souhaités qui n’aboutissent pas.

J’ai ensuite abordé un sujet qui me tient particulièrement à cœur, celui de la place des services publics. J’ai ainsi rencontré Mme Prado, déléguée aux relations territoriales pour la Corrèze et la Dordogne, avec qui j’ai évoqué la présence postale sur le département et les évolutions de services en cours du groupe pour pallier à la baisse du secteur courrier.

Je suis vigilant suite à l’annonce de diminution du budget du ministère des sports et des modifications envisagées dans le mouvement sportif. Je soutiens la mobilisation au niveau national et j’ai relayé les inquiétudes remontées au niveau départemental. Le maillage sportif est en jeu et avec lui le rôle social qu’il joue.

J’ai ensuite tenu à parler de la problématique du service de l’éducation. Avec la chute démographique des élèves au primaire, l’équilibre du maillage scolaire va être impacté. Il faut avoir une démarche offensive, une réflexion à l’échelle communautaire, sinon c’est l’Inspection d’académie qui va fermer les écoles. J’ai rappelé que si, jusqu’à présent, le nombre d’enseignants en Dordogne avait été maintenu, c’était grâce à la création des 50 000 postes du précédent Gouvernement.

J’ai enfin évoqué rapidement des actualités concernant la vie des collectivités locales en ce qui concerne notamment la dotation globale de fonctionnement (DGF). Celle-ci ne baisse plus au niveau national mais elle a diminué pour certaines communes du département en fonction des critères d’attribution. L’Etat souhaite imposer de plus en plus la maîtrise des dépenses des collectivités, on le voit avec sa mesure de contractualisation. Il est primordial de préserver leur autonomie fiscale au risque, sinon, de revenir à une tutelle de l’Etat. Aussi, il faut veiller à ce que l’impôt ne soit pas remplacé par une dotation.

Au niveau des intercommunalités, nous avons assisté au cours des 10 dernières années à un big bang territorial avec les fusions, les transferts de compétences. J’ai fait part ici de mon inquiétude relative à l’éventualité d’une élection au suffrage universel des conseillers communautaires, qui conduirait à la fin de la commune.

J’ai conclu mon propos en dénonçant la campagne honteuse #BalanceTonMaire lancée par des militants de LREM pour dénoncer la décision de certaines communes d’augmenter le taux de leur taxe d’habitation. C’est une insulte portée aux maires qui font de leur mieux pour équilibrer leurs budgets pour maintenir leurs services et qui n’ont sûrement pas eu recours à ce levier fiscal de bon cœur. Ce genre de posture nourrit un peu plus le populisme.

Les questions et interventions des élus présents ont porté sur différents sujets : les difficultés d’élaboration des PLUi et le poids de moins en moins important des élus dans les décisions face aux services de l’Etat, l’interdiction du glyphosate mais aussi la taille de plus en plus importante des syndicats intercommunaux ou départementaux, certes dotés de moyens financiers, mais au sein desquels les élus des communes ne trouvent plus leur place.

Les discussions se sont poursuivies autour d’un repas convivial préparé par le traiteur local. Je remercie les personnes qui m’ont chaleureusement accueilli et les élus présents lors de cette soirée.

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