Le Cluster cuir de Nouvelle-Aquitaine, Resocuir, présidé par Laurent Duray, président du groupe LIM, organisait ce week-end la 6e édition des Portes du Cuir à Thiviers.

Créé il y a deux ans, le Cluster regroupe les entreprises en aval (élevage, abattoirs, tannerie) et en amont (entreprises industrielles et artisanales), les collectivités locales pour le développement de la filière cuir.

Depuis début 2018 et la fin du soutien de l’Etat au Pôle d’Excellence Rural, avec l’appui de la Région et du Conseil départemental de la Dordogne, il a aussi intégré le développement de l’approvisionnement en peaux locales de qualité en direction des entreprises de transformation concentrées sur le nord Dordogne et les départements limitrophes : maroquinerie, chaussures, sellerie, ganterie, professionnels métiers d’art.

La 1ère édition de ce salon en 2013 était née à l’initiative des communes de Saint-Yrieix-la-Perche, Nontron, Saint-Junien, Montbron, des Départements de la Dordogne, de la Charente et de la Haute-Vienne et du Parc Naturel Régional Périgord-Limousin, afin de mettre en lumière l’ensemble des acteurs de la filière cuir et la diversité de leurs savoir-faire. A Thiviers, ce sont 50 exposants qui participaient pour présenter et attirer sur les métiers du cuir.

Lors des tables rondes professionnelles, les intervenants ont pu échanger sur les thèmes de la formation et du recrutement, en présence de deux vice-présidents de la Région Nouvelle Aquitaine, Jean-Louis Nembrini et Bernard Uthurry, respectivement en charge de l’éducation et des lycées et de l’économie. La formation, la transmission du savoir-faire sont essentiels pour l’embauche des entreprises. Le Pôle d’Excellence des métiers du cuir et du luxe, implanté dans l’enceinte du Lycée professionnel Porte d’Aquitaine de Thiviers, a pour objectif de renforcer la compétitivité des entreprises par la formation de leurs salariés, des demandeurs d’emplois en situation de reconversion professionnelle. 159 personnes ont été formées depuis sa création, en formation initiale ou continue. Au plus près des besoins de recrutement, ce pôle offre l’opportunité d’emplois locaux.

Les chefs d’entreprises ont insisté dans leurs témoignages sur l’importance qu’ils accordaient au bien-être de leurs salariés au quotidien. Les métiers du cuir sont des métiers de main d’œuvre, mais ils sont aujourd’hui pratiqués par des entreprises à la pointe de la modernité. Ces dernières ont besoin d’être attractives, d’avoir aussi un environnement attractif. Le Cluster permet d’avoir une image valorisante de la filière avec la notion de luxe.

Dans mon intervention, j’ai salué la dynamique qui s’est créée autour de la filière cuir depuis plusieurs années : le solide partenariat entre les entreprises et les collectivités territoriales a permis de rassembler les conditions favorables à son développement. Grâce à ces efforts, c’est toute une filière économique historique qui se reconstitue aujourd’hui. Dans les années 60 et 70, le secteur du cuir, du textile, de la chaussure figurait parmi les premiers secteurs d’activité du département. Il s’est ensuite effondré puis relevé progressivement avec notamment l’implantation d’Hermès à Nontron, grâce au Conseil général et à la CCI de Périgueux.

Aujourd’hui, la filière est porteuse d’emplois. La région Nouvelle-Aquitaine compte une centaine d’entreprises et près de 4000 emplois. Le poids économique de l’industrie du cuir y est une fois et demie plus important qu’au niveau national. En Dordogne, l’industrie du cuir concerne 15% des emplois du département. Les résultats sont là et je tiens à saluer la persévérance des acteurs de la première heure qui ont cru au potentiel de cette filière autour de Laurent Duray.