Pour prévisibles qu’ils étaient, les résultats des élections législatives des dimanche 11 et 18 juin ont porté un rude coup à notre formation politique.

 

Dans le sillage de l’élection du Président Macron, le mouvement République en marche a bénéficié d’une dynamique qui a permis à ses quatre candidats de sortir vainqueur à l’issue du scrutin dans notre département. Pour le PS, seule Colette Langlade, candidate sur la 3e circonscription du Périgord vert avait été en mesure de se qualifier pour le second tour.

Le verdict des urnes dimanche dernier est, comme le pressentaient les sondages depuis plusieurs semaines, à la fois cruel et sans appel. Arrivant en tête à l’issu du 1er tour dans 240 circonscriptions sur 577, le mouvement présidentiel, allié avec le MODEM, a confirmé ses très bons résultats de dimanche dernier en totalisant un score de 49,10% des suffrages exprimés au 2nd tour, lui permettant de faire rentrer 350 élus au Palais bourbons (308 LREM et 42MODEM).

Ces résultats assurent au Président de la République une majorité absolue confortable, bien au-delà des 289 sièges requis.

Le parti Les Républicains, allié aux centristes de l’UDI, se positionne comme la première force d’opposition en totalisant 130 sièges. La France insoumise ainsi que le FN subissent quant à eux un sérieux effritement de leur score du 23 avril dernier et réuniront respectivement 17 et 8 sièges à l’Assemblée nationale.

Pour ce qui concerne notre mouvement, ce scrutin marque une cuisante défaite. Qualifiés au second tour dans seulement 65 circonscriptions au niveau national à l’issue du 1er tour, les candidats du Parti socialiste ne sont sortis victorieux que dans 30 circonscriptions, ce qui est extrêmement peu je le déplore.

Notre mouvement ne verra donc que 30 députés siéger au Palais bourbon, dont 5 sont issus de notre région Nouvelle-Aquitaine. En Dordogne, aucun de nos 3 candidats n’est parvenu à s’imposer face à la dynamique du parti présidentiel : Michel Delpon, Philippe Chassaing, Jean-Pierre Cubertafon et Jacqueline Dubois sont respectivement élus avec l’étiquette LREM ou MODEM sur les quatre circonscriptions du département.

Ce niveau, remarquablement bas, marque une défaite indéniable pour notre mouvement. L’issue de ce scrutin se paye au prix fort des divisions internes observées au cours du quinquennat, mais aussi au prix fort de la dynamique et de l’aspiration de renouveau exprimée par nos concitoyens au cours des derniers mois.

Je vois dans ces résultats à la fois la volonté des français de s’inscrire dans la cohérence de l’élection présidentielle, mais aussi le désir de donner au Président élu une majorité conséquente afin d’accomplir son mandat.

Cette vague électorale relègue les partis traditionnels - le PS en premier lieu mais aussi les Républicains, très loin des scores réalisés au cours des précédents scrutins, marquant à mon sens l’aspiration profonde de renouvellement de nos concitoyens à l’égard du personnel politique.

Il marque aussi une profonde fatigue envers les deux grands partis politiques historiques de notre pays et acte la fin du bipartisme tel qu’il prévalait dans notre pays depuis le début de la Ve République. Nous devons dès lors en prendre acte et y puiser les enseignements afin de repenser notre engagement.

Je ne manque pas non plus de souligner, avec inquiétude, le score de l’abstention qui a de nouveau dépassé son record historique, culminant à 51% puis 57,4% sur le territoire national. Notre département, pourtant traditionnellement parmi les plus participatifs, n’a pas fait exception à la tendance nationale sur cet aspect, avec 44,08% puis 49,74% des électeurs ayant délaissé les urnes, ce qui a produit un « effet loupe » incontestable pour le vote « en marche ».

L’ampleur du vote FN est enfin, je ne cesserai jamais de le redire, toujours préoccupant, la candidate frontiste ayant même parvenu en Dordogne à se qualifier au second tour sur la 2e circonscription bergeracoise.

Rare motif de satisfaction dans cet état des lieux, l’entrée de 223 députées au Palais Bourbon à la suite de ce scrutin va faire grimper taux de parité à l’Assemblée nationale de 26,9 à 38,6%, un progrès que je salue et qui s’inscrit dans les convictions que j’ai toujours portées en politique.

En conclusion de ce bilan, malgré la défaite radicale et inédite qu’a subi notre mouvement, je souhaite redire à quel point il est vital pour nos idées de pouvoir trouver les ressources de surmonter cette épreuve.

La refonte de notre parti au cours des prochains mois ne m’en parait que plus indispensable, à la fois pour pouvoir s’imposer à nouveau en tant que force de proposition dans le débat public et au Parlement, sans laisser ce seul loisir à la droite, mais aussi, afin de pouvoir jouer un rôle à la fois critique et constructif à l’égard de l’action du Gouvernement.