Lundi 10 octobre, Claude Bérit-Débat a animé une rencontre avec les grands électeurs du canton de Thiviers avec, à ses côtés, sa suppléante Annick Carot. La députée Colette Langlade et le président de l’Union des Maires Bernard Vauriac les ont rejoints dans la soirée.

 

  photo1saintpierreAprès les mots d’accueil du maire, Frank Besse, et l’introduction d’Annick Carot, portant sur les mutations marquantes des territoires ruraux, le sénateur a tout d’abord remercié la municipalité de Saint Pierre de Côle et a explicité l’objectif des réunions cantonales.

«Le but de ces échanges est de vous tenir informé directement de mon actualité parlementaire et de faire remonter vos préoccupations. C’est un engagement que j’ai pris dès le début de mon premier mandat et que je poursuis aujourd’hui. Depuis 2014, j’ai réalisé déjà presque un deuxième tour de la Dordogne ».

Puis le sénateur a indiqué ces fonctions au Sénat depuis sa réélection, précisant son rôle de Vice-Président, une nomination de trois ans due au choix du groupe des sénateurs socialistes. Il a rappelé son investissement en commission et au sein des groupes d’études et de travail.

«Récemment, j’ai été élu co-président de la section truffe, un produit qui joue un rôle économique important en Dordogne mais aussi dans d’autres départements du Sud de la France et qui se trouve concurrencé aujourd’hui par la truffe espagnole» a précisé le sénateur avant d’aborder les grands thèmes qui ont marqué l’actualité parlementaire ces derniers mois.

 

 

 

 Les enjeux constitués par les changements en termes d’aménagement du territoire

«Je ne ferai pas un tour exhaustif de la loi NOTRE, mainte fois débattue, a souligné d’emblée le sénateur avant de faire le point sur les principaux axes de ce texte.

«Les départements ont gardé leurs compétence en matière solidarité sociale et territoriale qui se traduit par l’aide aux communes et aux intercommunalités. Ils accèdent également à la parité intégrale homme femme. Il s’agit là d’un progrès important. 

phot1bissaintpierreLa région Nouvelle Aquitaine, quoique grande en superficie, est pertinente, offrant une cohérence économique avec une vaste ouverture sur l’Atlantique et une homogénéité de ses filières agricoles. Et puis, nous sommes en son centre, ce qui pourrait permettre à la Dordogne d’accélérer son désenclavement ferroviaire et routier.

Au sujet de la carte de l’intercommunalité, j’ai soutenu le nouveau seuil démographique à 15000 habitants, assortis d’exceptions pour les territoires de montagnes et les territoires ruraux. Ce seuil permettait à la Dordogne de maintenir ses communautés de communes à l’exception de celle des coteaux de Sigoulès. Néanmoins, l’ancien préfet a proposé une carte profondément transformées des EPCI en élargissant grandement leur périmètre. D’ailleurs, certains voulaient aller encore plus loin en proposant des entités de 30000 habitants alors que leurs représentants nationaux, au contraire, proposaient un seuil de 5000 personnes.

Je suis persuadé qu’il faut réaliser maintenant, en la matière, une pause afin que les intercommunalités définissent sereinement leurs nouvelles compétences».

Au moment des questions, ce sujet est revenu en priorité. Quel équilibre trouver entre les communes et des intercommunalités de plus en plus importantes ? La culture peut-elle devenir une compétence pertinente des communautés de communes ?

Le sénateur a répondu qu’en principe l’intercommunalité est favorable aux petites communes car elle subvient là où celles-ci ne peuvent pas agir seules. Il faut donc un projet d’ensemble cohérent, éloigné des effets d’aubaines.

 Au sujet du soutien aux territoires ruraux

 Le sénateur est revenu sur la politique du gouvernement en faveur des territoires ruraux.  « Après avoir demandé aux collectivités locales de participer au redressement budgétaire de la Nation afin de réduire les déficits abyssaux laissés en 2012, le gouvernement peut désormais leur redonner des marges de manœuvre plus larges. Il s’y emploie au travers :

-La baisse des dotations aux communes divisée par deux pour 2017

-La reconduction du fonds exceptionnel à l’investissement pour les communes. 600 millions seront consacrés aux petites villes et à la ruralité. 600 millions seront destinés aux projets visant la transition énergétique, le logement et l’accessibilité des bâtiments.

-L’augmentation de la dotation d’équipement des territoires ruraux.

-L’ouverture d’une enveloppe de 1,5 milliard d’euros par la caisse des dépôts en direction de la rénovation thermique des établissements publics.

-La pérennisation de l’accompagnement financier des communes pour la mise en place des nouveaux rythmes scolaires.

-Le prolongement jusqu’à la fin de l’année des incitations financières au regroupement en communes nouvelles ».

Puis, il a abordé les avantages pour les communes de signer des contrats ruraux, fruits des comités interministériels de la ruralité lancés en 2015. Grâce à eux, et en partenariat avec les EPCI, les départements et les régions, elles porteront mieux leurs projets de développement.

saintpierre3Claude Bérit-Débat a, ensuite, insisté sur la question de la présence des services publics en milieu rural. Il a évoqué tout d’abord l’école.

«Le gouvernement a mis le paquet sur le redressement de l’école. En 2017, 60 000 postes d’enseignants seront effectivement créés et la formation des enseignants a été remise sur pied. Aussi, je suis surpris des critiques que j’entends en la matière. L’effort du gouvernement permet notamment à la Dordogne d’éviter de nombreuses fermetures de classe alors que notre démographie scolaire suit en courbe descendante.

Par ailleurs, je crois en la contractualisation entre communes et services de l’éducation nationale afin d’anticiper sur les moyens scolaires à mettre en œuvre dans chaque commune. L’Union des Maires de la Dordogne a travaillé en ce sens et je m’en félicite ».

Le sénateur a également abordé le thème de la désertification médicale en milieu rurale.

«Je me suis mobilisé avec mes collègues Colette Langlade et Germinal Peiro sur ce thème majeur pour notre département. Comment lutter contre la fuite des jeunes médecins vers les grands centres villes ? Nous assistons d’ailleurs au même phénomène dans les quartiers excentrés des grands centres urbains. Allons-nous devoir dans le futur, au travers les intercommunalités, rémunérer des médecins pour qu’ils restent ? En tout état de cause, je soutiens toutes les initiatives telles que les maisons de santé qui permettent de maintenir un tissu d’accès aux soins convenable pour les territoires ruraux ». 

En matière d’agriculture

«L’agriculture impacte grandement le milieu rural, au niveau économique et de l’aménagement du territoire. Or elle subit depuis plusieurs années des crises importantes, que celles-ci soient structurelles comme la baisse des prix et la surproduction ou sanitaires comme la tuberculose bovine ou la grippe aviaire. A ce sujet, je pense que le gouvernement a pris la meilleure décision en instaurant un vide sanitaire. Aujourd’hui, la production des produits liés au foie gras peut repartir.

Quant au niveau des prix, ne tentons pas de rivaliser avec des pays qui font de la surproduction à moindre coût. Au contraire, recherchons la qualité et une plus grande régulation des marchés agricoles comme l’a fait le gouvernement afin de pallier la suppression des quotas laitiers : une suppression souhaitée par certains hier et finalement regrettée aujourd’hui par les mêmes» a indiqué le sénateur avant de réaffirmer son appui aux organisations professionnelles telles que les AOP. Il a cité l’exemple de Sunlait pour laquelle il a fait rencontrer le ministre de l’agriculture.

Il a également salué les mesures de la loi Sapin II, dans le domaine de l’agriculture avec l’interdiction pour cinq ans de la cession à titre onéreux des contrats laitiers et le renforcement des astreintes financières pouvant être prononcées par les présidents de tribunaux de commerce à l’encontre des entreprises du secteur alimentaire ne publiant pas leurs comptes dans les délais fixés par la loi.

« Je suis intervenu également en soutien à la filière viticole, notamment pour les produits de la vigne puisse être reconnu comme faisant partie de notre patrimoine culturel national et que la publicité pour le vin puisse être pérennisée » a souligné le sénateur.

Enfin, Claude Bérit-Débat a rappelé son soutien au monde de la chasse, indiquant qu’elle tenait une place particulièrement importante dans la gestion de la faune de nos territoires mais aussi au niveau de certaines productions agricoles.

Il a indiqué également les grandes lignes de la proposition de loi Egalité et Citoyenneté et regrette que la majorité sénatoriale de droite détricote ce texte pourtant fédérateur et qui comporte des avancées en matière de mixité sociale, notamment au niveau du logement.

Pour clôturer donc son intervention, Claude Bérit-Débat abordé les prochaines échéances électorales de 2017. « Ce seront des moments particulièrement déterminant pour l’avenir de notre pays et je souhaite que soient discutés les problèmes centraux des citoyens et non pas que nous nous bornions à nous diviser sur des questions médiatisées et instrumentalisées à outrance comme l’identité par exemple. Enfin, je suis persuadé que le bilan du gouvernement sera finalement apprécié à sa juste valeur et les avancées obtenues, reconnues ».

Les interventions de la salle

Les questions des élus ont donc concerné l’intercommunalité mais elles ont porté aussi sur le développement économique en Dordogne.

« Nous avons de réels atouts notamment en Périgord Vert et des filières d’excellence tels que le cuir, par exemple, mais aussi le tourisme et la culture. Notre désenclavement se poursuit via le numérique » a précisé le sénateur.

Puis, plusieurs intervenants ont interpellé le sénateur sur les barrages et les écluses et plus généralement sur le développement des énergies renouvelables.

Claude Bérit-Débat a exprimé son soutien à leur développement, rappelant son opposition au gaz de schiste. Il a fait également allusion à certaines contradictions des citoyens qui veulent des énergies renouvelables mais éloignés, en réalité, de leur habitat. Les échanges se sont poursuivis autour du verre de l’amitié et du buffet campagnard.

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