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L’intervention du 1er ministre, hier, sur la réforme des retraites est un double échec sur la forme et le fond. Il comptait jouer sur les divisions syndicales, il aura réussi le tour de force de ressusciter en moins d’une heure un front commun syndical massif.

L’exécutif montre ainsi une fois de plus son incapacité à œuvrer pour le dialogue social. Il s’entête, malgré ses déclarations, à gouverner de manière verticale, faisant fi des propositions des corps intermédiaires. Même s’il s’en défend, il se complait dans le rapport de force et le provoque.

Il veut diviser les Français sur la question des régimes spéciaux. Il fait pour l’heure des enseignants les grands perdants de sa réforme.

Plus étrange, l’inégalité intergénérationnelle de traitement dans l’application de cette « réforme. Celles-ci serait-elle juste pour certains et mauvaises pour d’autres selon l’année de naissance ? Ou bien faut-il voir là un calcul électoral pour ne pas froisser les classes d’âge qui votent le plus ?

Malgré les déclarations du 1er ministre qui affirme que le point sera fixé par les partenaires sociaux et qu’elle devrait suivre l’évolution des salaires aucun garde-fou n’est prévu en réalité pour empêcher une évolution négative de la législation.

Quant à la pénibilité du travail, quelle confiance accordée au gouvernement alors que son action consiste depuis 2017 à rogner le compte pénibilité mis en place sous le mandat de François Hollande.

Je déplore également que la situation des retraités agricoles actuels soit totalement éclipsée.

Enfin, et c’est là le point de non-retour, le Premier Ministre a choisi d’adosser à la réforme de repousser l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Il revient ainsi sur les engagements même du Président de la République et tourne le dos aux syndicats réformistes.

Bien entendu, cette mesure comptable va pénaliser l’ensemble des salariés et va renforcer le mouvement social.

L’enlisement du conflit est donc probable, il sera durable. Il ne tient qu’à l’entêtement du gouvernement, comme celui d’Alain Juppé en 1995, de ne pas écouter les partenaires sociaux.