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750 millions d’euros. Le chiffre annoncé par la ministre de la Santé lundi pour faire face au mouvement de grève des urgentistes qui dure depuis 6 mois devrait rassurer les professionnels du secteur or c’est loin d’être le cas !

Aucune augmentation de budget, pas de lits supplémentaires, pas de créations de postes, pas de revalorisation des salaires pour le personnel hospitalier. Agnès Buzyn ambitionne de «refonder des services d’urgences» à budget constant. Forcément, ce manque d’ambition budgétaire se fait ressentir dans les mesures annoncées. Non sans hypocrisie, la ministre met en avant la création du SAS (service d’accès aux soins) dont la fonction sera essentiellement de faire le tri entre les situations critiques, vitales et les autres cas. Ce service devra trier les patients. Sur ce point, l’on ne peut que s’étonner qu’Agnès Buzyn présente comme une nouveauté à 340 millions d’euros alors que le SAMU joue déjà ce rôle. De plus, la ministre a annoncé vouloir désengorger les urgences en favorisant la médecine libérale. Outre l’aveu de l’abandon de l’hôpital public, cette volonté est profondément déconnectée de la réalité de nos territoires ruraux. Malgré la promesse de financement de cinquante maisons médicales « à proximité directe » de tous les services d’urgences totalisant plus de 50 000 passages par an et les dispositions peu probantes de la loi santé, les ambitions de Madame Buzyn semblent difficilement réalisables tant la pénurie de médecins est importante dans les zones sous denses. Sur ce point, j’avais, lors de l’examen du projet de loi santé au Sénat, proposé des mesures efficaces pour lutter contre les déserts médicaux. Jugées trop contraignantes, elles avaient été rejetées par la majorité de droite. Concernant les personnes âgées, Agnès Buzyn souhaite limiter leurs passages aux urgences en les redirigeant vers les services de soins. En d’autres termes, les Ehpad, que l’on sait déjà submergés de demandes et en sous capacités, devront désormais accueillir encore plus de patients. Depuis 6 mois, les urgentistes nous font part de leur colère et de leurs revendications légitimes. Avec mes collègues socialistes,à nous de faire entendre leurs voix au Parlement !