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Alors que les derniers jours ont été marqués par l’image des violences d’une intensité inouïe enregistrées samedi à Paris, la mobilisation des gilets jaunes se poursuit dans sa troisième semaine de mouvement. Unesituation rendue d’autant plus critique que les premiers signes d’une contagion se font sentir, au sein de communautés comme les transporteurs routiers, les agriculteurs ou les lycéens. Plus que jamais, l’exécutif  doit donner des réponses concrètes pour éviter l’escalade. Je prends acte de la décision de suspendre, entre autres, pour une durée de  six mois toute augmentation sur les carburants. Cependant, c’est toute la politique en direction du pouvoir d’achat qu’il faut reprendre tout en prenant en compte la transition énergétique, et les mesures que nous avons proposées hier vont en ce sens.

 

Samedi dernier, des milliers de français ont de nouveau battu le pavé pour exprimer leur colère et crier leur détresse sociale : détresse ne pas pouvoir vivre de son travail ou de sa retraite, détresse de ne pas pouvoir boucler sa fin de mois.

Cette situation inédite d’impasse politique frappe par son ampleur, qui touche tous les départements, mobilise tous les profils sociaux parmi nos concitoyens. Elle n’a rien de banal et possède des racines aussi anciennes que profondes. Dans ce contexte, l’extrême injustice de la politique menée par le Président de la République Emmanuel Macron aura été le catalyseur incontestable de cette grogne sociale, sa politique fiscale écologique son déclencheur.

Le climat politique actuel rendrait la récupération politique facile, mais les responsabilités, j’assume de le dire, sont partagées. La crise sociale que nous traversons s’est mue en crise institutionnelle et démocratique faute de réponse appropriée de la part de l’exécutif, par manque de dialogue et de prise en compte de la réalité des territoires, notamment ruraux, ceux-là même auxquels j’appartiens mais que le Président Macron méconnait depuis trop longtemps.

Si la politique menée par l’exécutif a contribué à libérer cette colère trop longtemps contenu, je n’omets pas de dire que la situation actuelle est un défi pour l’ensemble des corps intermédiaires : syndicats et partis politiques confondus. Le mouvement des gilets jaunes est un mouvement aussi spontané que peu structuré, ce qui rend multiples ses revendications et parfois désorganise son expression. Il en reste pour autant tout à fait légitime, dès lors qu’il s’exprime, comme dans la plupart des cas, dans le calme. Si la colère se matérialise de cette manière, c’est que les corps constitués n’ont pas eu les solutions pour porter cette parole, et que l’exécutif s’est emmuré dans une forteresse l’empêchant d’entendre et d’écouter.

Aussi, au temps du dialogue de sourds doit se substituer le temps de la concertation, en particulier avec le mouvement des gilets jaunes. Plutôt que de mimer la colère populaire dans l’espoir de récupérer quelques voix, il me semble fondamental de proposer un chemin de sortie de crise. C’est ce que nous avons fait, nous élus socialistes, dès hier matin, lors de la consultation menée à Matignon par le Premier ministre auprès des partis politiques.

Nous avons remis à Edouard Philippe une proposition de loi qui comporte neuf mesures visant à répondre à l’ensemble des revendications légitimement exprimées par nos concitoyens et que nous relayons depuis plusieurs mois déjà : restauration de la justice sociale avec le rétablissement de l’ISF, amélioration du pouvoir d’achat par la suppression de la hausse des taxes sur les carburants, revalorisation significative du chèque énergie et des aides à la mobilité, hausse des retraites par leur indexation sur l’inflation, suppression de la hausse de la CSG pour les petites retraites et revalorisation de la prime d’activité sont quelques-unes des mesures phare de cette PPL.

Je souhaite qu’elles contribuent au débat public national qui doit se réunir dès à présent sous la forme d’états généraux sur le pouvoir d’achat et la fiscalité. De même, le Parlement ne peut pas continuer à légiférer comme si de rien n’était et l’ordre du jour des assemblées doit être bouleversé pour parer à l’urgence et débattre des problématiques posées par cette mobilisation sans précédent.

Enfin, si je comprends et partage beaucoup des inquiétudes des gilets jaunes, cette colère ne saurait trouver un exutoire dans la violence débridée et aveugle telle que nous avons pu l’observer ce weekend, à l’égard des monuments nationaux, des préfectures, de nos forces de l’ordre ou des commerces et des biens de nos concitoyens impuissants.

J’appelle donc à ce que le dialogue s’instaure sur la base de mesures concrètes telles que celles que nous proposons avec mon groupe politique. C’est la seule façon de répondre à cette colère. Plus que jamais, le Gouvernement doit changer son cap et écouter les français.