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Le 101e Congrès des maires vient de s’achever à Paris. Si la participation des élus a semble-t-il était plus faible cette année, cette édition était néanmoins très attendue des édiles locaux.

Première déception pour eux : l’absence du Président de la République qui s’était pourtant engagé à venir à leur rencontre chaque année. Pour se rattraper, il a organisé une « opération séduction » en invitant 2000 maires à l’Elysée, opération pendant laquelle il a cherché à renouer le dialogue avec les représentants des collectivités locales. Cet exercice aurait très bien pu se faire au Congrès des maires, devant l’ensemble des maires venus de toute la France, tous concernés, tous intéressés par le discours du Président, qu’ils espéraient rassurant et apaisant.

En effet, il existe un malaise certain parmi les élus qui ne peuvent que constater la dégradation du dialogue entre l’Etat et les collectivités et les territoires, et en même temps une trajectoire de recentralisation des services publics et des pouvoirs de décisions. Plus de la moitié des maires ne souhaitent pas se représenter aux élections municipales de 2020, en particulier dans les communes de petite taille, en raison des exigences de plus en plus fortes de réglementation, des responsabilités plus importantes, de la diminution des moyens et donc de la capacité d’action, des relations parfois difficiles avec les administrés.

Au final peu d’annonces ont été faites pour lever les inquiétudes des maires si ce n’est la révision de la DGF, le dispositif de compensation de la suppression de la taxe d’habitation pour le printemps 2019 et un changement de méthode, prôné depuis l’élection présidentielle mais qui, pour l’instant, ne va pas dans le sens du dialogue et de la confiance avec les territoires. La réflexion sur le statut de l’élu, qui pourrait apporter des réponses à certaines difficultés et relancer les vocations, a été ajournée. En revanche, le Président a de nouveau lancé le débat sur l’évolution de la fonction publique territoriale, avec la fin de corrélation entre les trois fonctions publiques, la gestion par les associations d’élus et le recours plus important aux contractuels. Bref, il a annoncé la mort du statut de fonctionnaire territorial, que je défends tant il garantit la mission de service public qui incombe aux collectivités.

A la sortie de l’Elysée, le sentiment de ne pas assez être entendus régnait malheureusement parmi les participants.

L’accueil des élus de la Dordogne

Comme chaque année, j’ai eu le plaisir d’accueillir jeudi des maires, adjoints, conseillers municipaux, conseillers départementaux de la Dordogne pour une visite du Sénat. Lors du déjeuner à la Questure, j’ai rappelé que j’étais très attaché au rôle du Sénat en tant que Chambre des collectivités territoriales et c’est pour cela que je m’applique à être un interlocuteur disponible pour l’ensemble des élus du département. J’ai regretté qu’avec la suppression de la réserve parlementaire, la majorité gouvernementale ait privé les communes d’un coup de pouce sur des projets qui ne bénéficiaient pas d’autres financements. De plus, cet accompagnement permettait aux parlementaires d’avoir un contact direct avec les élus et de les accompagner dans leurs projets. Aujourd’hui ces relations sont encore plus nécessaires pour soutenir les élus dans l’exercice de leur mandat.

Ayant été maire et président d’agglomération avant d’être élu sénateur, je connais bien les problématiques de nos territoires et des élus. Ces derniers sont en phase avec la réalité.

L’échelon communal est fondamental, le rôle du maire doit être conforté et reconnu par l’Etat qui doit garantir aux élus les moyens d’exercer leur mandat dans de bonnes conditions. Les orientations de recentralisation données par le Gouvernement ne vont pas dans le sens des attentes des élus.

Comme l’avait exprimé Germinal Peiro la veille, j’ai assuré mes collègues élus de mon soutien plein et entier dans l’exercice de leur mandat. Ils savent qu’ils peuvent compter sur moi pour porter leur voix au sein de la Chambre haute.