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Le Président de la République a présenté le plan santé du quinquennat, plan qui doit apporter des réponses à une crise que le Gouvernement avait, me semble-t-il, sous-estimée en début de mandat.  Si ces mesures vont indéniablement dans le bon sens, la question de leur efficience reste posée.

La suppression du numerus clausus en 2020 est une bonne mesure mais elle n’aura d’effets qu’à long terme, 10 à 15 ans plus tard. Elle n’aura pas d’incidence sur le niveau demandé aux étudiants qui sera toujours très élevé et surtout n’apportera pas de réponse au problème de la répartition des médecins sur notre territoire bien plus difficile à régler que celui du nombre de médecins aujourd’hui.

Plus que leur nombre, c’est la défection des médecins en milieu rural qui pose problème

Le plan ne prévoit pas de contrainte d’installation pour les libéraux, il s’oriente vers la fin de l’exercice isolé avec la création d’un nouveau métier : l’assistant médical. Seuls les médecins qui se regroupent pourront bénéficier de subventions pour recruter ces assistants. Combien de temps l’Etat pourra-t-il assumer  ce financement ? Qu’adviendra-t-il alors de ces emplois ?

Autre mesure qui apparaît nécessaire : la création de 400 postes de médecins généralistes salariés de centres hospitaliers de proximité ou de centres de santé. Si l’intention est louable là encore, que représentent 400 postes alors que des milliers de postes manquent déjà dans les hôpitaux ? Quel sera l’impact de trois ou quatre postes pour le département de la Dordogne qui compte moins d’un médecin pour 1000 habitants (0.83) contre 1,42 pour la Nouvelle-Aquitaine ?

Le Conseil départemental de la Dordogne s’est lui fortement engagé sur ces enjeux et a mis en place en début d’année un schéma départemental d’accès aux soins de proximité qui crée un centre départemental de santé. Le recrutement de médecins salariés va être expérimenté dans les zones les plus déficitaires dans les prochains mois.

La refonte de la carte hospitalière annoncée, avec des niveaux territoriaux très spécialisés, ne doit pas conduire à la suppression de services de proximité comme les services de maternité ou des salles d’opération de petits hôpitaux. Je pense notamment à l’hôpital de Sarlat.

La prise en charge de la dépendance oubliée

Enfin, les infirmiers et les EHPAD sont les grands absents de cette réforme. Rien n’est prévu pour la reconnaissance des premiers qui alertent depuis des mois sur leurs conditions de travail plus que difficiles et que la fin des contrats aidés dans les hôpitaux a encore dégradées. Ils s’inquiètent aussi de l’apparition de l’assistant médical dont le rôle n’est pas clairement défini. Quant à la prise en charge de la dépendance, elle n’est pas abordée dans ce plan, comme si les mesures annoncées au mois de mai avaient réglé tous les problèmes et apporté les moyens nécessaires à une prise en charge de qualité de nos aînés.

Ces mesures seront traduites dans une loi santé d’ici quelques mois. Je serai vigilant sur les moyens affectés pour l’amélioration de l’offre de soins qui est une préoccupation majeure des Français.

Ces moyens devront permettre des réponses d’urgence mais aussi des solutions qui s’inscrivent dans la durée comme des dispositifs d’incitation à l’installation de professionnels de santé dans les zones sous-dotées.