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Le 26 juillet dernier, le Premier Ministre adressait à Laura Flessel une lettre de cadrage qui fixait à 450 millions d’euros son budget pour la loi de finances 2019, enregistrant une baisse de 30 millions. Rappelant la promesse élyséenne de supprimer 50 000 postes de fonctionnaires d’ici 2022, il lui indiquait également la réduction de 1 600 postes de conseillers techniques sportifs, soit la moitié de leur effectif. Le Gouvernement ne s’attendait sans doute pas à la révélation de cette lettre en ce début de semaine, médiatisation qui a contraint la toute nouvelle ministre Roxana Maracineanu à réagir à cette annonce qu’elle juge « brutale ».

 

Ces conseillers, agents du ministère des Sports, ont des missions liées au développement du sport pour tous, au sport de haut niveau et à la formation des cadres. Ils travaillent auprès des fédérations, ce qui est une spécificité du modèle sportif français et constitue un soutien significatif de l’Etat. En Nouvelle Aquitaine, ils sont 114 à intervenir dans une trentaine de disciplines.

La fin de ce soutien de l’Etat en direction du mouvement sportif s’ajoute aux mauvaises nouvelles qui l’ont déjà impacté : la suppression de plus de 120 000 emplois aidés, la coupe du budget du Centre National pour le Développement du Sport (CNDS), la diminution des subventions et dotations en faveur du secteur amateur. Persiste également le flou sur le fonds pour le développement de la vie associative (FDVA), nouveau dispositif d’aides aux associations. En effet, le décret du 8 juin 2018 exclut de son bénéfice les associations qui interviennent dans le domaine des activités physiques et sportives.

On ne peut que s’inquiéter des intentions du Gouvernement en faveur du monde sportif. Laura Flessel répondait le 19 juillet dernier au sénateur socialiste Jean-Jacques Lozach lors des questions d’actualité qu’ « une nouvelle gouvernance va conduire à une mutation économique du modèle sportif français (…) parce que ce n’est pas le rôle de l’Etat de financer durablement les clubs. Le changement doit avoir lieu vers un modèle économique moins dépendant des fonds publics. »

Le message est clair : l’Etat va se désengager sur les collectivités et les fédérations en ce qui concerne la mission de service public du sport. Cette orientation mettrait à mal le rôle essentiel des pratiques sportives dans notre société et nos territoires. Les activités et manifestations sportives créent du lien, permettent le vivre-ensemble. Le sens de l’intérêt général devrait conduire ce Gouvernement à garantir le sport pour tous.