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Depuis plusieurs mois, les mobilisations se succèdent dans notre pays : infirmiers, personnels hospitaliers, personnels pénitenciers, juges, avocats, personnels des EHPADS, retraités, étudiants, enseignants, fonctionnaires ainsi que dernièrement, cheminots. Ces mouvements ont mobilisé nombre de nos concitoyens inquiets des réformes menées au pas de charge par l’exécutif et soucieux de la préservation des services public. Je m’associe pleinement à leur inquiétude, légitime au regard des enjeux en question.

 

Quelques jours après la grande mobilisation du 22 mars dernier qui a rassemblé près de 500 000 personnes à travers près de 180 rassemblements dans le pays, la mobilisation se poursuit notamment du côté des cheminots qui ont entamé cette semaine un mouvement de grève « perlée » qui engendre, chacun a pu s’en rendre compte, de nombreuses perturbations pour les usagers.

Si ces mouvements sont distincts et portent des revendications propres à chacun, ils répondent aux réformes menées actuellement par le gouvernement et partagent un point commun : celui de défendre les services publics et une certaine idée de l’Etat. Portée de longue date par les socialistes, cette idée conserve toujours aujourd’hui, je le crois, à la fois sa pertinence mais aussi son universalisme, à l’heure où les inégalités continuent de progresser de manière préoccupante dans notre pays et où de plus en plus de nos concitoyens font face à l’exclusion et la précarité.

Au même titre que mes collègues du Groupe socialiste et républicain du Sénat, je tenais à réaffirmer ma solidarité et mon soutien envers ces manifestations qui, comme à Périgueux ou Bergerac en Dordogne, ont mobilisé sur le thème de la défense pouvoir d’achat et des agents publics.

J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire et de l’exprimer à plusieurs reprises, le gouvernement fait à mon sens fausse route lorsqu’il s’attaque au pouvoir d’achat des retraités, au budget des EHPAD où à celui des hôpitaux. Là où le gouvernement précédent que je soutenais a su faire preuve de discernement et de pondération, en modernisant sans détricoter et en réformant dans le soucis de préserver l’emploi public et de garantir les droits de tous, la majorité actuelle, elle, mène une politique offensive axée sur les logiques budgétaires plutôt qu’humaines ou territoriales.

J’ai déjà eu l’occasion d’exprimer ce constat encore récemment, lors de l’examen d’une proposition de loi portant sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire. Là où certains recommandent la fermeture des petites lignes rurales, soi-disant peu rentables, je défends un service public ferroviaire de qualité qui desserve mieux les territoires périurbains.

Comme nos concitoyens, je suis moi aussi soucieux de l’avenir du transport ferroviaire et de la SNCF, cette entreprise qui fait partie de notre patrimoine national. C’est pourquoi, alors que l’ouverture à la concurrence est désormais programmée, j’appelle à se saisir de cette opportunité pour dynamiser le secteur et réformer l’entreprise sans dynamiter ce patrimoine ni se livrer à une surenchère libérale destructrice. Je crois dans la régulation et la nécessité d’encadrer cette ouverture à la concurrence afin d’en garantir le succès et de ne laisser aucun territoire à la marge de ce processus.

De la même façon, saisissons nous de ce débat pour rappeler ce que nous avons fait lorsque nous étions au pouvoir, sans mettre les cheminots dans la rue. La création des trois EPIC était une avancée alors que le projet de création de SA est un réel recul. Reconnaissons aussi que nous n’avons pas su régler le problème de la dette colossale de la SNCF et de sa croissance, ce qui n’est pas de la responsabilité de la SNCF mais des gouvernements qui se sont succédés.

Enfin, je suis particulièrement vigilant au sujet de la réforme de la fonction publique annoncée par le Premier ministre le 1er février dernier. Outre l’annonce d’un vaste plan de départs volontaires de 120 000 agents publics, le chef du gouvernement a détaillé plusieurs mesures aussi inattendues que discutables : rémunération au mérite, remise en cause du statut, élargissement du recours aux vacataires…

Alors que de nombreux services publics sont aujourd’hui en souffrance, faute de budget ou de personnel suffisant, je suis dubitatif sur les effets d’une telle réforme. Une bonne pratique serait à mon sens de définir des priorités en termes de besoins dans les différentes catégories de la fonction publique (police, justice ou encore santé) plutôt que de prendre des mesures aussi indifférenciées qu’arbitraires dont on a déjà pu constater, en 2007, les ravages qu’elles pouvaient engendrer.

Pour les nombreux fonctionnaires qui se sont mobilisés ces dernières semaines, cette réforme inquiète alors que dans le même temps, leur pouvoir d’achat recule du fait du gel persistant du point d’indice et du rétablissement du jour de carence.

Ces inquiétudes, comme celles de tous les français, doivent être entendues, et ce d’autant plus que les agents publics sont les garants des services publics et à travers eux, de l’unité et de la solidarité nationale. A ceux qui fustigent le poids de la fonction publique dans la dépense publique, je réponds que la France, au regard de son réseau dense de services publics, ne figure qu’à la 8e places des pays européens lorsque cette dépense est rapportée à la population.

C’est pourquoi je continuerai, aux côtés de mes collègues sénateurs socialistes et comme je l’ai toujours fait, à défendre les services publics et l’emploi public lors de nos futurs travaux au Sénat, loin des postures de circonstance et des tentations populistes.