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Alors que près de 2 000 de nos concitoyens retraités se sont mobilisés en Dordogne jeudi pour s’opposer à la baisse de leur pouvoir d’achat induite, notamment, par la hausse de la CSG, je tiens à leur apporter mon soutien : celui du parlementaire, le seul dans notre département, à s’être opposé à cette mesure lors de son examen dans la loi de finance à l’automne dernier.

Dans notre département, la mobilisation des retraités a été forte avec près de 600 personnes à Bergerac et plus de 1 500 à Périgueux, au cours de la journée d’action organisée par les associations de retraités.

Comme beaucoup de nos concitoyens, je suis sensible à leur revendication, largement relayée et exprimée au cours des dernières semaines, et qui porte sur la perte de pouvoir d’achat induite par la hausse de 1,7 points CSG (de 6,6 % à 8,3 % soit une augmentation de 25,8 %).

De quelques dizaines d’euros à plusieurs centaines d’euros par an, cette hausse de cotisation, introduite dans la dernière loi de finance, concerne près de 60% des aînés de notre pays et impacte négativement leur pouvoir d’achat. J’ai fait part de mon opposition à cette ponction au cours des discussions au Sénat pour dissuader le gouvernement de faire voter cette mesure, hélas sans succès.

De plus, alors qu’ils sont soumis à la stagnation de leur niveau de pension depuis plusieurs années, ce sont ceux qui parmi nos concitoyens ressentent souvent le plus fortement la hausse du coût de la vie. Malgré les revalorisations accordées au cours du précédent quinquennat, cette mesure s’ajoute à la suppression de la demi-part des veuves en 2008, jamais compensée ou encore au décalage de la revalorisation des retraites d’octobre 2018 à janvier 2019 pour augmenter le minimum vieillesse.

Outre son aspect contestable au regard des droits acquis, cette mesure s’inscrit d’après le gouvernement dans la lignée de la réforme des cotisations chômage mise en place cette année. Or, dès lors qu’il s’agit de supprimer la cotisation chômage du bulletin de salaire des actifs susceptibles d’en bénéficier en cas de perte d’emploi, pourquoi transférer cette charge sur les retraités qui, précisément, ne peuvent désormais en bénéficier ?

Le gouvernement se montre aujourd’hui inflexible, assumant tout à la fois le fait de faire peser cet effort au profit des plus jeunes sur une catégorie socio-professionnelle inactive mais assumant également l’idée selon laquelle il serait le garant de la solidarité intergénérationnelle alors que, nous le savons tous, cette solidarité existe déjà au quotidien. Tout un chacun, parent ou grand parent, peut en témoigner.

Je m’oppose donc à cette vision qui tend à opposer les générations alors que les retraités, pour une grande part, vivent avec des retraites extrêmement modestes : la moyenne dans notre pays se situe, rappelons-le, à 1.350 euro par mois.

Pour toutes ces raisons, je continue à m’opposer à cette mesure et je soutiens les retraités dans leur démarche, comme je le fait depuis plusieurs années aux côtés des retraités agricoles de la Dordogne.

Je n’oublie pas non plus, bien sûr, le cri d’alarme des personnels des Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) qui, après une première manifestation très suivie le 30 janvier sont à nouveau descendus dans la rue le 15 mars, accompagnés de leurs confrères des EHPA (établissements d'hébergement pour personnes âgées), USLD (unités de soin de longue durée), hôpitaux gériatriques et services d'aide à domicile.

A cœur de leur mobilisation se trouve la réforme du financement des Ehpad décidée par la ministre de la santé. Elle entraine dès cette année une baisse de 20 à 25% de recettes selon les établissements et accentue plus encore le problème de sous-effectif chronique auxquels les personnels se trouvent confrontés voilà des années à cause de la démographie vieillissante de notre pays.

Or, il y a urgence à donner plus de moyens à ces établissements et à les doter d’effectifs satisfaisants, une position que j’ai défendue aux côtés de mes collègues socialistes lors de l’examen au Parlement de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. Si la ministre propose aujourd’hui une rallonge de 50 millions d’euros à l’enveloppe dédiée, cette réaction arrive à mon sens tardivement.

Plus que jamais, il y a urgence à poursuivre la modernisation de ces structures, entreprise sous la précédente mandature, car elles sont essentielles pour l’accueil de nos ainés et l’entretien du lien social. L’exigence de service public doit, en la matière, primer sur toute autre considération d’ordre budgétaire et je continuerai, pour ma part, à m’engager en ce sens.