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Alors que se tourne la page d’une année 2017 marquée par le grand chambardement politique que nous connaissons, cette nouvelle année 2018 sera marquée à mon sens par la reconstruction de la sociale-démocratie en France et en Europe, mais aussi par les défis, nombreux, qui s’offrent autant à notre pays qu’à l’Union européenne et aux pays industrialisés.

Il y a un an presque jour pour jour, j’écrivais ces mêmes lignes, bien loin de prédire le déroulement d’une année qui, douze mois plus tard, a radicalement modifié l’horizon politique de notre pays. L’élection du Président Macron et l’essor de son mouvement ont sonné le glas de l’alternance historiqueentre partis de droite et de gauche.

A défaut de se réformer, de proposer une nouvelle vision de la société désirable et moderne, à défaut de dépasser des clivages partisans aujourd’hui vides de sens pour beaucoup de nos concitoyens, notre mouvement, le Parti socialiste, a été balayé. Plus que jamais aujourd’hui, l’avenir des grands partis de gouvernement demeure remis en cause.

A l’aube de cette nouvelle année 2018, que j’appelle volontairement, un peu par provocation, l’année d’après, le défi que nous, socialistes, devons relever, est colossal. Dans cette perspective et après une période de transition, le congrès du mois d’avril sera déterminant. Je compte prendre part à cette séquence important pour y défendre mes idées, celles d’un social-démocrate convaincu aspirant à une nouvelle gauche sociale, moderneet ouverte sur le monde.

Cette année 2018 ne sera pas seulement riche en défis pour le PS, elle le sera pour notre pays dans sa globalité et en particulier pour le Chef de l’Etat et sa majorité. Après un premier semestre à l’épreuve de l’exercice du pouvoir, les mois écoulés ont forcé l’exécutif à montrer son vrai visage, un visage qui, notamment au cours des discussions budgétaires décembre,est apparu bien plus libéral que social.

Alors que plusieurs chantiers législatifs importants sont attendus pour cette année 2018avec un rythme deréformessoutenu, je compte poursuivre mon travail de vigilance et de critique positive de l’action de l’exécutif, aux côtés des membres du groupe socialiste du Sénat.

L’actualité de ce début d’année nous offre, par ailleurs, un aperçu des plus précis des grands défis mondiaux.

Alors que se poursuivront cette année les cruciales négociations sur le Brexit, l’Europe et ses Etats traversent toujours à l’heure actuelle une profonde crise de confiance dont les mouvements indépendantistes (Catalogne) et accents nationalistes (Pologne, Hongrie, République Tchèque …) sont un des symptômes. Dans ce contexte, il est à mes yeux urgent de ressusciter le projet européen en proposant un nouveau contrat ambitieux, restaurant l’unité et la solidarité des Etats entre eux.

Non loin de nos frontières, en Tunisie, les conflits sociaux et manifestations parfois violentes à l’encontre de l’exécutif semblent répondre aux troubles sociaux, tout aussi importants, observés depuis plusieurs semaines en Iran. Si la situation de ces deux pays n’est pas tout à fait comparable, elle a en commun une défiance de plus en plus forte à l’égard du pouvoir en place :un exécutif impotent encore grevé par la corruption et les pratiques datant de la dictature dans le premier cas, une théocratie autoritaire incapable de subvenir aux besoins de sa population dans le second.

Dans le combat mené au levant par la coalition internationale pour défaire l’Irak et la Syrie du joug de l’islamisme radical, Daeshet ses factions sont en passe d’être vaincus. Si je me félicite bien entendu de ce succès militaire qui implique, rappelons-nous, de nombreux militaires français, il convient à mon sens de se montrer prudent sur l’évolution de la situation dans ces pays tant la reconstruction des territoires dévastés et la transition démocratique s’avèrent compliqués.

Je n’oublie pas non plus, bien sûr, l’enjeu majeur que constitue le climat. Alors que des événements météorologiques de plus en plus nombreux et extrêmes nous apportent quotidiennement la preuve d’un dérèglement de plus en plus fort du climat, le réchauffement climatique doit être cette année, comme les suivantes, une de nos principales priorités politiques.

Après le succès de la COP21 et les engagements souscris par de nombreux pays, le COP23 en décembre de Bonn a présenté un bilan plus mitigé. Aussi, je formule le vœu que cette année consacre à nouveau prioritairement la cause du climat, cause mondiale qui, nous le savons, s’apparente à la pire injustice et déplace chaque année de trop nombreuses populations.

Une fois n’est pas coutume, les défis ne manque pas pour cette nouvelle année. Il nous revient, responsables politiques, mais aussi à nous tous, citoyens, de les saisir à bras le corps pour les transformer en opportunité. Après tout, ce sont bien eux, les défis, les véritables moteurs de la vie politique.

Bonne année 2018 !