L’actualité de cette semaine a été tristement marquée par l’enquête suivant l’attaque qui a eu lieu à Londres samedi 3 juin dernier, alors que nous avons appris mercredi la mort d’un deuxième français et d’un autre, ayant disparu, portant à huit le nombre de victimes.

Après deux premiers attentats survenus au cours des trois derniers mois sur le sol britannique, le terrorisme islamiste vient de nouveau d’endeuiller l’Angleterre, mais aussi plus largement l’Europe toute entière, au travers de modes d’action aussi ignobles que difficiles à anticiper. 

Une fois n’est pas coutume, c’est avec tristesse que j’écris ce billet cette semaine, alors que l’actualité internationale se trouve une fois de plus dominée par la question terroriste.

Depuis plusieurs mois, nous le savons, l’organisation Etat islamiste se trouve acculé dans son territoire et subi de lourdes pertes militaires. Ce constat, hélas, n’empêche pas l’organisation terroriste d’orchestrer ou, plus simplement, revendiquer des attaques perpétrées par des individus isolés à l’étranger, comme ce fut déjà le cas le 22 mars à Londres ou plus récemment, le 22 mai lors d’un concert à Manchester.

Alors que nous avons appris cette semaine l’entrée de l’alliance militaire menée par les kurdes à Raka, la pression s’intensifie de jour en jour sur l’Etat islamique qui voit ses derniers bastions tomber les uns après les autres. Cette situation sur le sol irakien et syrien n’est malheureusement pas étrangère à l’évolution des modes opératoires choisis par les terroristes depuis plusieurs mois, individus souvent isolés et radicalisés loin des territoires en guerre au Moyen-Orient.

Tel est le cas de l’attaque de samedi dernier, au cours de laquelle une camionnette folle a foncé sur la foule du London bridge avant que 3 assaillants, armés de couteaux, n’en sortent pour attaquer les personnes attablées dans les établissements alentours.

Les nationalités des victimes, australienne, espagnole, française ou britannique, ne laisse aucun doute quant à l’aspect global de cette menace. Aussi, c’est d’après moi à cette échelle-là que le terrorisme islamiste doit être combattu, partout où il prolifère, et en particulier au levant. C’est en effet tout le sens des frappes militaires réalisées depuis de longs mois par la France sur le sol syrien, au sein de la coalition internationale.

Si je souhaite que ces actions se poursuivent et espère une issue victorieuse rapide afin d’éradiquer militairement l’EI, je reste conscient des défis que pose la radicalisation religieuse dans nos sociétés.

Aussi, et je ne manquerai jamais de le redire, la tristesse et la colère suscité par ces événements ne doivent pas nous diviser ou attiser un ressentiment envers quelconque communauté. Nous devons au contraire y puiser les forces pour affirmer notre union et faire preuve d’une mobilisation renouvelée pour éradiquer ce terrorisme barbare, tant sur le terrain de la sécurité en désamorçant les menaces identifiées, que sur le terrain social et du vivre ensemble, en défendant la laïcité et en luttant contre la misère sociale.

C’est par ces deux leviers, maniés ensemble, que nous parviendrons à venir à bout du terrorisme islamiste. Il en va de notre responsabilité individuelle autant que collective.