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Fallait-il refuser, comme en 2002, le débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle entre le candidat porteur des valeurs de la République et son adversaire, candidate de l’extrême droite ? En son temps, Jacques Chirac avait refusé l’exercice, signifiant ainsi que ces idées n’avaient pas leur place dans le débat républicain.

Peut-on débattre avec la représentante d’une formation politique qui ne respecte pas les règles élémentaires du débat démocratique et qui provoque, invective et répond constamment à côté des questions posées pour mieux éluder les sujets de fond ?

15 ans après, le candidat représentant le camp de la République et de la démocratie a choisi, au contraire, de relever le défi, tant pour pousser Marine Le Pen a présenter son vrai visage que pour tendre la main aux plus de 7 millions d’électeurs qui lui ont accordé leur suffrage au premier tour mais aussi à tous qui souhaitaient s’abstenir ou de voter blanc. Car si le FN n’a pas changé sur le fond, sa banalisation nous préoccupe tous, responsables politiques, ce qui doit nous amener à le combattre plutôt qu’à le minimiser, voire le nier. En ce sens, Emmanuel Macron, en relevant ce défi, a fait preuve d’un sens des responsabilités que je salue.

Au cours des échanges, c’est sans surprise qu’il dut faire face à nombre de provocations et de contre-vérités assenées avec autant de force que la candidate du Front national a démontré son incapacité à défendre les mesures d’un programme inapplicable et inopérant.

Après 23h30 et au bout d’un débat où toute discussion sur le fonds s’est révélée impossible tant la candidate du FN s’y est refusée, il nous est toutefois possible de tirer plusieurs enseignements que je souhaitais, à travers ce billet, soumettre à votre réflexion, particulièrement s’agissant de ceux qui parmi nos concitoyens pourraient être tentés par l’abstention dimanche prochain.

Tout d’abord, nous l’avons clairement vu à l’écran, la candidate du FN n’a eu aucun scrupule à énoncer des mensonges éhontés et des contrevérités stupéfiantes, en particulier sur la question de l’Union européenne et de notre monnaie commune, l’Euro.

Elle a ensuite démontré à de nombreuses occasions sa méconnaissance des dossiers et son incapacité à chiffrer les mesures contenues dans son programme, en particulier concernant les retraites ou la fiscalité.

Enfin, comment peut-on imaginer, au regard de la prestation livrée par Madame Le Pen et l’indignité totale de ses propos, élire une telle personnalité aux plus hautes responsabilités de l’Etat ? Comment l’imaginer défendre les intérêts de la France de manière sereine et apaisée sur la scène internationale ?

Le masque est donc tombé ce mercredi 3 mai 2017 au détour du débat de l’entre-deux-tours d’une élection présidentielle aux multiples rebondissements. Souhaitons que cette amère expérience vienne sceller la victoire du camp des démocrates et républicains dimanche prochain, afin de se tourner, dès le lendemain, vers nos combats futurs.

C’est le sens de mon appel solennel à voter massivement Emmanuel Macron.