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Conscient des enjeux liés à ce dossier, le Président de la République avait posé la sauvegarde du site Alstom de Belfort comme un impératif économique. Cette semaine, les annonces de Christophe Sirugue, ministre de l’Industrie, ont bien confirmé le maintien de l’activité du site Alstom de Belfort avec ses 400 salariés, ce dont je me félicite pleinement.

Annoncé le 7 septembre par Alstom, la volonté de transférer d'ici deux ans la production de ce site historique vers Reichshoffen (Bas-Rhin) m’a profondément choqué, comme nombre de nos concitoyens. Dans le contexte que nous connaissons, et qu’il est inutile de rappeler, la fermeture de cette usine, berceau alsacien de l’activité de ce géant des transports, aurait porté un coup bien trop rude à notre industrie nationale.

J’en suis convaincu, lorsqu’il est en capacité de le faire, l’Etat doit tout mettre en œuvre pour soutenir ses champions nationaux et les aider à faire face à un contexte économique morose. Dans la lignée du Gouvernement, je défends ainsi le rôle de l’Etat actionnaire, non pas par opportunisme ou par veine électoraliste, comme certaines mauvaises langues le disent, mais parce qu’il s’agit là non seulement d’un enjeu de maintien de l’emploi au sein d’un bassin économique déjà très sinistré, mais aussi d’un enjeu de défense de notre savoir-faire industriel.

Dès lors, je ne pouvais que me réjouir que le Gouvernement, par la voie de son ministre de l’Industrie Christophe Sirugue, annonce mardi 4 septembre le sauvetage de ce site industriel historique, fournisseur des motrices de la SNCF depuis 1880, grâce à une commande globale passée par l’Etat de l’ordre de 450 millions d'euros.

Dans le détail, l’État va acheter 15 TGV pour les lignes Intercités Bordeaux-Marseille et Montpellier-Perpignan, "par anticipation de l'arrivée des lignes à grande vitesse" sur ces trajets.

La SNCF est, comme prévu, mise à contribution avec une commande de 6 TGV pour la liaison à grande vitesse Paris-Turin-Milan, pour un coût estimé à 200 millions d'euros. Autant de trains dont les motrices (deux par rames, soit 42 au total) seront assemblées à Belfort, mais qui donneront aussi du travail à d'autres sites d'Alstom en France, notamment La Rochelle (voitures TGV), Ornans (moteurs) et Le Creusot (bogies), a souligné le ministre de l’Industrie.

Elle commandera également 20 locomotives diesel « destinées au secours des trains en panne », qui seront également produites à Belfort.

Les salariés d’Alstom peuvent être rassurés sur la pérennité de leur emploi à Belfort car cette décision va impacter de manière positive au total 1.500 emplois directs et 3.000 emplois indirects de sous-traitants. La concertation avec tous les acteurs, la direction d’Alstom, les syndicats, les élus locaux mais aussi la SNCF était la seule voie possible pour préserver l’emploi à Belfort.

Enfin, Alstom investira 5 millions d'euros supplémentaires d'ici à 2020 pour moderniser les ateliers de maintenance ferroviaire mais aussi diversifier sa production, avec l'objectif de doubler les effectifs de ce berceau du TGV qui compte actuellement plus de 400 salariés sur cette activité, et l'orienter vers d'autres types de trains mais aussi de véhicules routiers, notamment le bus électrique.

Ces investissements, je m’en réjouis, s'ajouteront au projet de "TGV du futur", qu'Alstom et la SNCF doivent concevoir d'ici à la fin de 2017, en vue d'éventuelles commandes qui profiteraient en partie à l'usine de Belfort à partir de 2021.

Le résultat est là, soyons en fier, car comme l’a exprimé le Premier ministre, « Sans l'intervention de l'Etat aujourd'hui, Alstom n'aurait pas été en possibilité non seulement d'annoncer qu'il développait le site de Belfort mais de dire que d'une manière générale le site pouvait voir l'avenir d'une autre manière ». Cette formule résume à mon sens tout le bien fondé de l’intervention décidée par le Gouvernement.